Rencontres : L’art d’accommoder les restes

Quand :
3 mars 2020 - 14:00 – 18:00
Rencontres : L’art d’accommoder les restes

L’art d’accommoder les restes

Art contemporain et musées : paradoxes de conservation et de restauration
Les matériaux fragiles et périssables utilisés dans certaines œuvres, dont la disparition à terme est prévisible, posent de nombreuses questions aux collections d’art contemporain. Cette dimension éphémère vient, en effet, contredire un certain fantasme d’éternité associé à l’œuvre d’art traditionnelle.
Quelles questions se posent les restauratrices et restaurateurs face à des œuvres où s’invitent des matériaux organiques, comme la graisse, le lait, le miel, caractéristiques des œuvres de Joseph Beuys ou de Dieter Roth ? Comment travailler avec des objets, des installations, des collages qui vieillissent très vite ? Quels partis adopter lors de la restauration d’œuvres réalisées par des artistes dont l’une des visées est d’aller contre l’idée même de musée et de conservation du patrimoine ?
Ce sont ces quelques questions qui seront abordés par des restauratrices et historien.nes de l’art au Frac Bretagne.

 

Intervenantes :

14h15-15h

Déborah Laks
Déborah Laks est chargée de recherches au CNRS, Centre Chevrier UMR 7366 de l’Université de Dijon. Elle travaille actuellement à l’histoire de la pédagogie artistique au XXe siècle, s’interrogeant sur ce que la pratique d’enseignement fait à la pratique artistique. Elle est l’autrice de l’ouvrage Des déchets pour mémoire. L’utilisation de matériaux de récupération chez les nouveaux réalistes (1955-1975), tiré de sa thèse et prix Olga Fradiss 2018. Elle enseigne à l’Université de Genève et à l’École du Louvre.

Intervention
Poser la question de la durabilité d’une œuvre c’est aussi regarder précisément ce que les matériaux entraînent avec eux de temporalités et de mémoires mêlées. Dans les œuvres des nouveaux réalistes, le choix de matériaux usés, délabrés, obsolètes raconte des histoires sans héros, où les visages et les gestes individuels se fondent dans la masse des usagers successifs. Les œuvres qui entrent dans les musées en étant des presque ruines engagent ainsi à modifier notre regard sur leurs composants : chacun bruisse, suggère et évoque. Nous proposons de dévider ensemble les pelotes de significations et d’images qui s’enchevêtrent dans la chair des matériaux des nouveaux réalistes.

15h15-16h

Héléna Bülow
Conservatrice-restauratrice du patrimoine, spécialité matériaux et œuvres contemporaines (matériaux plastiques et composites, œuvres interactives, lumino-cinétiques, à composantes électriques et électroniques) exerce en Bretagne depuis 2015 et travaille pour plusieurs institutions publiques et privées. (http://h-bulow.e-monsite.com)

Intervention
Les techniques de création des œuvres contemporaines diffèrent de celles des œuvres d’art classiques (par exemple, tous les matériaux existants sur terre peuvent être utilisés, les techniques de création ne sont plus nécessairement réalisées dans le but de les rendre pérennes). Ces œuvres contemporaines nécessitent également des traitements de conservation-restauration. Ces traitements ayant la même finalité que ceux réalisés sur les œuvres classiques doivent alors être pensés et menés différemment. L’intervention propose de présenter quelques exemples de restauration (Robert Filliou, Joachim Pfeufer) afin de mettre en avant certaines réflexions propres à la conservation-restauration de l’art contemporain.

16h15-17h

Gwenola Furic
Diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie et de l’Institut National du Patrimoine. Spécialiste de la conservation-restauration du patrimoine photographique depuis 2003, essentiellement auprès institutions du Grand Ouest (conservation préventive et curative, formation). Participation à la réflexion sur le patrimoine régional au sein de diverses commissions. (https://gwenola-furic.jimdofree.com/)

Intervention
La conservation-restauration des photographies contemporaines, entre les attentes des institutions et la réalité de terrain : un retour d’expérience.

Modérateur : Baptiste Brun

 

en partenariat avec le Master Gestion et Mise en valeur des œuvres d’art, des objets ethnographiques et techniques (MAGEMI) et le Master Arts et Métiers de l’exposition (MAE) de l’Université Rennes 2

 

Gratuit, sans inscription, dans la limite des places disponibles

Visuel : François Poivret, Quai d'Ivry, 27 novembre 1989 © François Poivret