Ressources de l’exposition au CDAS de Redon

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Ressources de l’exposition à la Cité scolaire Beaumont

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Road Trip

Quand les projets rhabillent le Frac

Vous vous êtes toujours demandé.e.s ce que l’on faisait dans cette boîte noire ? Nous proposons un programme d’expositions dans nos salles mais nous voyageons aussi dans toute la région pour diffuser notre collection d’œuvres d’art contemporain !

Pour cette édition 2021 du WEFRAC*, nous avons décidé de vous montrer un petit aperçu de nos projets sur la façade en verre de notre bâtiment. Ce que vous voyez, ce sont des reproductions d’œuvres (dessin, photographie etc.) qui ont été exposées lors d’un double projet mené entre 2020 et 2021 par le service des publics, sur le territoire de Redon : au Centre Départemental d’Action Sociale (CDAS) et à la Cité scolaire Beaumont.

Habitant.e.s, professionnel.elle.s, enseignant.e.s et élèves ont choisi des œuvres parmi les collections du Fonds régional d’art contemporain Bretagne (Frac) et du Fonds départemental d’art contemporain d’Ille-et-Vilaine (FDAC). Suite à des discussions nourries, chaque groupe a défini son propre fil conducteur et sa méthode, conduisant à une sélection d’œuvres pour chacun des lieux.

L’échange s’est également concrétisé par des rencontres entre le CDAS et la Cité scolaire voisine. Visites des expositions respectives ont été au rendez-vous, tout comme des ateliers avec l’artiste Julien Duporté, œuvrant au sein des deux établissements.

*Week-end des Frac

Vues de l’exposition au CDAS de Redon :

Vues de l’exposition à la Cité scolaire Beaumont :

À l’occasion du WEFRAC, le bâtiment devient le révélateur d’une expérience vécue en région, en invitant les partenaires à poursuivre l’aventure à Rennes, par le choix d’une œuvre supplémentaire.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur les œuvres, c’est par ici :

Isabelle Arthuis

Née en 1969 au Mans
Vit et travaille à Bruxelles (Belgique)

Formée à l’école des beaux-arts de Rennes et travaillant dans un contexte international, Isabelle Arthuis poursuit un travail sur l’image, à la fois comme un moyen de saisir le monde et d’y participer activement. Les expériences de ses voyages, de ses séjours et de ses rencontres l’amènent à explorer différents modes de production et de présentation des images. Ses photographies en noir et blanc ou en couleur, d’un format allant de celui d’une carte postale à la taille d’une affiche publicitaire, trouvent leurs sources formelles principalement dans le cinéma et la peinture.

En 2011, répondant à l’invitation du Festival Grand Ecart organisé par la ville Saint-Briac, Isabelle Arthuis met en œuvre un projet dont la finalité est un tableau photographique. Son thème, classique dans l’histoire de l’art, est le banquet. Celui-ci est précisément scénographié, étoffes, victuailles, vêtements et postures, un dimanche d’avril 2011, avec la joyeuse participation d’un groupe de briacins, sur la plage du Perron. La scène, filmée en continu et photographiée en divers moments clés, fait ainsi l’objet d’une documentation abondante au sein de laquelle l’artiste choisira l’image finale qui prendra la forme d’une affiche de trois mètres par quatre et d’un tirage plus proche du format d’un tableau, Le Banquet.

Le Pech Merle, 2012

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Camille Girard & Paul Brunet

Née en 1985 à Quimper
Né en 1980 à Angoulême
Vivent et travaillent à Quimper

Tous deux diplômés de l’école des beaux-arts de Quimper en 2008, Camille Girard & Paul Brunet ont choisi d’unir leurs pratiques artistiques personnelles en un seul et même travail centré sur le dessin. Leurs œuvres parlent d’un quotidien qui pourrait sembler simplement banal s’il n’était nourri d’une énergie sous-jacente, perceptible dans le choix des couleurs vibrantes, dans les tracés à l’encre comme dans l’attention particulière portée aux détails. Un trait clair et affirmé esquisse leur décor, leurs moments de détente, leurs rencontres amicales, les petits riens et le grand tout qui composent la vie.

Superheroes est une aquarelle en forme d’autoportrait au salon, qui signe symboliquement la réunion créative des deux artistes. Produite d’après photo, l’œuvre de grand format nous plonge dans l’intimité sans fard du duo. Entre écran de télévision en marche, objets fétiches et collection de livres, les comparses campent, un brin ridicules, en tenue de super héros. À l’instar des tableaux de commande de la renaissance italienne ou hollandaise, ils posent dans leur intérieur, en tenue d’apparat, accompagnés d’un chat et d’un rouge-gorge, dans un esprit résolument ludique et décalé. Une foule de références et de symboles se télescopent dans un ping-pong du regard, entre univers insouciant de l’enfance et références intellectuelles de la maturité.

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André Mérian

Né en 1955 au Faouët
Vit et travaille à Marseille

Originaire de Bretagne, le photographe André Mérian a sillonné la France et l’étranger à la rencontre de territoires en marge, en devenir, dont l’intérêt premier pourrait paraître incertain. Ce qui l’intéresse justement c’est cette frange de banalité du paysage, à l’interstice entre ville et campagne, qui, à bien y regarder, documente beaucoup sur une époque, une population. Si l’intention de l’artiste n’est pas de produire une photographie sociale, miroir de ses occupants, ses images conçues sans artifice ni montage, renseignent sur une réalité tangible.

La série Ouest, réalisée entre 2008 et 2010, à l’occasion d’une résidence de l’artiste dans les Côtes d’Armor, invité par l’association GwinZegal, centre d’art et de recherche, témoigne de ces non-lieux. Yffiniac représente un homme campé sur la terrasse de sa maison à peine achevée, située dans un lotissement récent. Debout, face à l’horizon, il contemple un paysage sans qualité. À l’image des figures romantiques des peintures de Caspar David Friedrich, il observe avec mélancolie le panorama environnant. Constat d’une forme de désenchantement, la succession de territoires tous identiques composant cette série revendique une forme d’absence de sujet, une compilation d’enregistrement des effets pervers de la normalisation du territoire.

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Quentin Montagne

Né en 1987 à Vitry sur Seine
Vit et travaille à Rennes

Diplômé de l’école des beaux-arts et de la faculté d’arts plastiques de Rennes, Quentin Montagne utilise le dessin comme moyen privilégié de connaissance de son sujet. L’artiste s’emploie aussi à la pratique de la peinture ou du collage dans un projet global, dont la mise en situation par le volume est une autre alternative possible.

Ses premiers ensembles évoquent les mondes marins fantastiques où se côtoient animaux primitifs et ruines d’architectures monumentales dans un jeu d’accumulation et de superposition, en apparence chaotique. Évocation d’une nouvelle Atlantide aux confins des profondeurs inexplorées, son usage de l’encre de Chine ou du stylo Bic s’inspire des planches anciennes de gravures illustrant les ouvrages d’Histoire Naturelle.

L’ensemble Les Merveilles de la nature ou Henri Sauvage dans les bois est une série de collages questionnant le rapport de l’Homme à la nature. Accumulations, superpositions, confrontations sont là encore les leitmotivs de ces compostions singulières qui, sans plan établi au préalable, se construisent au fil des découvertes de l’artiste, feuilletant les tomes de l’encyclopédie familiale « Les Merveilles de la Nature ». Les constructions innovantes de l’architecte français du début du XXe siècle, Henri Sauvage, apparaissent en fond de scène, comme englouties par une faune et une flore des plus envahissantes tout autant qu’improbables. La nature prolifique reprenant ses droits sur l’activité humaine.
À l’instar d’un enfant collectionneur de belles images, Quentin Montagne nous invite à partager un univers imaginaire peuplé de monstres inquiétants et d’animaux communs, évoluant dans un monde onirique proche de ceux d’un Jules Verne ou d’un Jonathan Swift.

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Barbara Probst

Née en 1964 à Munich (Allemagne)
Vit et travaille à New York (États-Unis) et à Munich

Formée à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf, Barbara Probst réalise des paires ou des groupes de photographies en utilisant des appareils électroniques reliés entre eux et capables d’enregistrer simultanément une scène sous divers angles de vues, créant un effondrement de l’habituelle perception espace/temps. Ni proximité formelle, ni thème sous-jacent ne relient les travaux entre eux puisque le sujet de ses photographies n’est autre que la prise de vue elle-même. Cette technique de caméras multiples bouleverse l’aspect fixe que nous associons généralement à la photographie et permet de comprendre comment l’esprit reconstruit les souvenirs en fonction d’innombrables images.

Barbara Probst travaille en studio ou en extérieur, en couleur ou en noir et blanc. Sur certaines images, elle donne à voir les appareils photo sur pieds, ne cherchant aucunement à dissimuler ses moyens techniques, ne hiérarchisant pas les sujets.

Exposure # 23 est un diptyque représentant deux enfants pris sous deux angles différents, sur les visages desquels les ombres donnent l’impression d’une brise agitant le feuillage. Le regard du spectateur ne cesse d’effectuer des allers retours, comme dans une partie de ping-pong, à la recherche de détails qui pourraient confirmer ou infirmer l’impression première, à la recherche d’une vérité photographique que l’artiste s’ingénie à déconstruire, à l’instar de Muybridge et de ses recherches sur la décomposition du mouvement. La puissance de ce travail réside dans la tension entre l’apparence cinématographique et quelque chose de résolument photographique. Avec, pour résultat, des images extrêmement séductrices, à la hauteur d’une technique sophistiquée.

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Edith Roux

Née en 1963 à Paris
Vit et travaille à Paris

Les Dépossédés est un ensemble composé de trois séries de photographies conçues à partir de prises de vue du vieux centre-ville de Kashgar dans le Xinjiang, l’une des provinces dites autonomes de la République populaire de Chine. Réalisées sur une durée de trois mois, les images produites constituent à première vue autant de pièces à conviction des bouleversements, en matière d’urbanisation, générés par un processus de sinisation dont les principales victimes sont les ouïghours. Aussi n’est-il pas étonnant que Edith Roux ait décidé, pour l’une des trois séries, de placer ces autochtones au cœur de son entreprise photographique. La décision est inhabituelle, l’œuvre de l’artiste se caractérisant, à quelques rares exceptions près, par une absence d’incursion dans le genre du portrait. Genre qui se traduit ici par une dimension « fantomatique ». Est-elle due au parti pris de la photographe qui consiste à légèrement « flouter » l’arrière-plan et d’utiliser un flash afin de détacher les figures ? À moins que l’inquiétante étrangeté qui se dégage de ces corps inertes soit tributaire du contraste entre les parures, élégantes, des portraiturés et le champ de ruines qui leur sert d’improbable « décor ». Présence/absence. Edith Roux n’est pas sans savoir que le dispositif photographique se plie remarquablement bien à la thématique de la dépossession qu’elle a fait sienne. En optant pour des angles qui nous donnent à voir des ruines et maisons éventrées, l’artiste offre ainsi au regard du spectateur une saisissante métaphore du processus de transformation propre à tout acte photographique et de la déperdition qui le sous-tend. Une métaphore de sa nature déficitaire. Dès lors, l’artiste nous signifie que toute photographie, selon un lieu commun maintes fois théorisé, ne constitue qu’une trace précaire d’une réalité enfuie à jamais. Ruinée.

Erik Verhagen, La photographe, les photographiés, le photographique. Autour des Dépossédés, 2013
In Les Dépossédés, Editions Trans Photographic Press, 2013

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Yvan Salomone

Né en 1957 à Saint-Malo
Vit et travaille à Saint-Malo

Le Frac Bretagne s’est installé en 2011 dans un nouveau bâtiment. Yvan Salomone participe à ce moment charnière de la vie du Frac et conçoit une œuvre livrée à l’occasion de l’ouverture des nouveaux locaux. Cette œuvre, sous forme de quatre aquarelles dont l’une est présentée sur la façade, est réalisée selon le protocole présidant à toutes ses créations.

Il prend des photographies dans les sites portuaires ou industriels pour constituer un échantillon de tirages 9 x 13 cm qu’il nomme lui-même le petit exemplaire. À partir de celui-ci, « reconstitué, réparé ou abîmé », il produit de grandes aquarelles au format identique (105 x 145 cm). Ces images d’une apparente banalité fonctionnent de manière tout à fait paradoxale ; la technique au charme quelque peu désuet semble décalée par rapport à la force de ces paysages, le réalisme de la représentation n’informe d’aucune manière sur les lieux figurés, vides de toute présence humaine. « Le port décrit de case en case n’existe pas. Ce qui a lieu à partir de cet inventaire régulier est une zone portuaire mentale progressive ». Ces mots d’Yvan Salomone rappellent à quel point l’artiste accorde peu d’importance à la géographie ou à l’exotisme des sites. Loin de toute visée documentaire, cette collection toujours en expansion n’est pas étrangère à la notion de non-site. Il n’est donc pas étonnant qu’Yvan Salomone ait choisi de représenter le chantier du Frac, zone changeante, traversée de mouvements d’engins et de machines, encore anonyme tant que le bâtiment n’est pas terminé.

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Esther Shalev Gerz

Née en 1957 à Vilnius (Lituanie)
Vit et travaille à Paris

L’œuvre de la sculptrice, photographe et vidéaste Esther Shalev Gerz entretient un rapport étroit avec la parole, le langage et traite de l’histoire et de la mémoire collective. L’artiste est reconnue sur la scène internationale pour sa contribution active et conceptuelle au domaine de l’art en lien avec la sphère publique, et pour son travail régulier sur la nature de la démocratie, la mémoire collective et individuelle et les politiques de l’espace public. L’élaboration de ses projets artistiques est intimement liée aux éléments extérieurs qui en deviennent partie intégrante. Ainsi, l’espace (institutionnel, politique, historique, géographique) est à la fois occupé par l’œuvre et reflété ou détourné par elle.

Pendant plus de vingt ans, son travail s’est centré sur des interventions et des projets ancrés dans l’histoire des lieux et des villes dans lesquels elle a exposé. Travail souvent partagé avec Jochen Gerz, comme le Monument contre le fascisme, conçu à Hambourg dès 1986.

Daedal(us) est un travail artistique de proximité où l’artiste, avec la collaboration des habitants de Dublin, a projeté des images sur les façades d’immeubles et d’habitations. Daedal(us) fait référence à Dédale, issu de la mythologie grecque, et à la population qui entre en interaction avec le travail de l’artiste : « us ».
Le labyrinthe de l’Antique, se transforme en labyrinthe urbain, de rencontres, d’échanges et de dialogues entre un espace public et un espace privé : celui de la ville, ceux de la création et des habitants.

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Mengzhi Zheng 

Né en 1983, à Ruian (Chine)
Vit et travaille à Lyon

Mengzhi Zheng aime à considérer l’espace comme un « objet manipulable », dit-il, un objet malléable qu’il expérimente avec ses photographies et ses collages ou qu’il fabrique avec ses maquettes et ses sculptures pénétrables. Il réalise dans cette perspective des photomontages de sa chambre qui sont des recompositions spatiales du lieu selon un axe vertical ou horizontal. Si l’enjeu de ces travaux est bien de déplier l’espace à plat, le passage au volume lui permettra de le plier à nouveau. Ainsi il conçoit des dessins, des plans et des collages qui aboutissent à la réalisation de maquettes et d’installations. Il élabore notamment des maquettes à partir de patrons de parallélépipèdes, faisant émerger, par des jeux de pliage, des formes qui pourraient s’apparenter à un habitat. Pourtant entre architecture et sculpture, ces volumes n’ont rien d’habitable. S’articulant simplement autour de dualités entre verticalité / horizontalité, intérieur / extérieur, vide / plein, ils ne répondent à aucune autre logique fonctionnelle que celle d’une traversée de l’espace.

Elfi Turpin, DÉPLIS, 2011 In Demain c’est loin… Diplômés 2011, Supplément Semaine vol. VI, Analogues

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