Frac Bretagne – Site du Fonds régional d’art contemporain Bretagne2022-10-14T10:38:29+02:00
 
  • Fredrick_Vaerslev

Le Renne

Fredrik Værslev
14.10.2022 - 15.01.2023
Frac Bretagne, Rennes

 

  • Vue de l'exposition Fredrik Vaerslev. Le Renne, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes © Fredrik Vaerslev. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Fredrik Vaerslev. Le Renne, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes © Fredrik Vaerslev. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Fredrik Vaerslev. Le Renne, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes © Fredrik Vaerslev. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Fredrik Vaerslev. Le Renne, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes © Fredrik Vaerslev. Crédit photo : Aurélien Mole

 

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Le renne

L’une des voix les plus originales et reconnues de la peinture contemporaine, l’artiste norvégien Fredrik Værslev navigue entre différentes traditions picturales. Dans sa pratique, il met l’accent sur le processus de peinture, démontrant ainsi les possibilités et la pertinence de ce médium aujourd’hui. Ses œuvres naissent de la rencontre entre l’architecture et la peinture et prennent la forme de rendus peints de motifs de la vie quotidienne de l’artiste. Il traite ses peintures comme des objets, souvent créés par des processus plus ou moins laborieux, sériels ou déterministes, dans lesquels le temps lui-même, ainsi que divers facteurs externes, deviennent des co-créateurs actifs de l’œuvre.

Dans plusieurs séries, il a laissé ses peintures à l’extérieur pendant de longues périodes, laissant le temps et l’usure extérieure les achever. D’autres œuvres utilisent des techniques, des motifs ou des citations de l’histoire de l’art apparemment clichés (par exemple, l’égouttement et l’éclaboussure). Fredrik Værslev remet également en question le processus de peinture en collaborant librement avec d’autres artistes ou en utilisant des outils de peinture non traditionnels, tels que des bombes aérosols ou des équipements utilisés pour peindre les routes et les stades. Ses peintures oscillent souvent entre l’abstraction et la représentation, comme en témoigne sa série Terrazzo, qui imite la matérialité des sols en pierre italiens tout en faisant appel à l’expressivité et à la spontanéité de l’expressionnisme abstrait. La série Canopy rappelle le modernisme et ses peintures à rayures, mais elle trouve plutôt son origine dans les auvents de la maison d’enfance de l’artiste.

Cette exposition  à Rennes, fruit d’une discussion entamée en 2015 avec Etienne Bernard, directeur du Frac Bretagne et commissaire de l’exposition, se veut une étape importante de son parcours. Réunissant une trentaine de toiles dans la Grande Galerie Sud du Frac Bretagne, elle constitue, en effet, une forme de rétrospective de toute sa production depuis près de 15 années. L’artiste y présentera une nouvelle série qui servira de « rail de re-lecture » de ses séries plus anciennes.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue publié en Français et en Anglais paru aux éditions Dilecta, Paris.

L’ARTISTE

Fredrik Værslev est né à Moss, en Norvège en 1979 et vit et travaille principalement à Oslo. Il commence sa carrière d’artiste en réalisant des graffitis pendant 10 ans, et ce n’est qu’après qu’il recevra un enseignement en art contemporain. À la suite de ses études à l’académie d’art de Malmö et à la Staatliche Hochschule für Bildende Künste de Frankfurt, il débute une série de peinture intitulée Terrazzo paintings.

Pour certain, le travail de Fredrik Værslev se place dans un espace indéfini et lui-même parle « d’appositions de signes du monde ». Il est considéré comme l‘un des artistes les plus originaux de l’art contemporain1.

1.Fredrik Vaerslev, All Around Amateur, 2016

VISITES SPECIFIQUES DE L’EXPOSITION

  • Vendredi 2 décembre 2022 de 17h30 à 18h30 : visite descriptive et tactile de l’exposition
    Tarif : 2€ et gratuit pour l’accompagnateur ou l’accompagnatrice
  • Samedi 14 janvier 2023 de 16h à 17h : visite amplifiée et traduite en LSF
    Tarif : 2€

CONTACT : lorie.gilot@fracbretagne.fr

LE CATALOGUE DE L’EXPOSITION EST DISPONIBLE À LA VENTE !

Cover Fredrik Værslev : le Renne, éd. Dilecta, Frac Bretagne, 2022

Fredrik Værslev
Le Renne

Textes : Etienne Bernard, Fiona He, Dieter Roelstraete
Entretien : Allison Katz, Fredrik Værslev
Édition : Dilecta | 2022
Français/Anglais | 21 x 28 cm | 112 pages
ISBN 978-2-37372-160-7
Avec la participation du Frac Bretagne

28 €

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Visuel haut : Fredrik Værslev, White Terrazzo, 2022 (détail) © Fredrik Værslev. Photo : Courtesy de l’artiste. | Vues de l’exposition : Aurélien Mole.

  • Les Finalistes du Prix du Frac Bretagne - Art Norac 2022 : Reda Boussella © Droits réservés / Clémence Estève © Denis Estève / Fanny Gicquel © Malo Legrand / © Valérian Goalec

Les lézards

Exposition collective
14.10.2022 - 15.01.2023
Frac Bretagne, Rennes

 

  • Vue de l'exposition Les lézards, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes. Clémence Estève, Sans au-delà. Sans en-deçà là. Sans de-ci de-là là. Sans en-deçà. Sans de-ci de-là là, 2022 © Clémence Estève. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Les lézards, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes. Reda Boussella, Let Usyck play ; Bim et Bam ; Raja/Wydad, 2022 © Reda Boussella. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Les lézards, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes. Fanny Giccquel, laloreleï, 2022 © Fanny Gicquel. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Les lézards, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes. Valérian Goalec, Everyone is confortable but free, 2022 © Valérian Goalec. Crédit photo : Aurélien Mole

 

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Les lézards

Exposition des finalistes du Prix du Frac Bretagne – Art Norac 2022

Sans suivre un axe thématique, l’exposition qui regroupe les 4 artistes nommé.es au Prix du Frac Bretagne-Art Norac tente de mettre en exergue des postures, des tempéraments et des perspectives sur le monde qui mobilisent des régimes d’attention particuliers.
A l’image des lézards qui surgissent soudainement pour disparaître aussitôt, les artistes ici réuni.es s’intéressent à des états transitoires, à des moments de passage d’une perspective à une autre, au corps dans son impermanence et sa fragilité. Certaines œuvres ont une vie éphémère puisqu’elles se développent en relation au lieu d’exposition pour ensuite disparaître ou persister sous une autre forme dans un autre lieu.

Aux lézards, on doit l’origine des expressions “lézarder” et “faire le lézard” qui évoquent des états de stase et de manque de mouvement, souvent connotés négativement comme des moments d’improductivité. Mais l’immobilité du lézard ne se réduit jamais à l’immobilisme ni au simple repos car, immobile sous le soleil, le lézard est toujours en alerte. Pour le philosophe Jérôme Lèbre, auteur de « L’Eloge de l’immobilité », l’immobilité correspond à la décision d’occuper un lieu et de tenir une position. A l’ère de l’accélération, des impératifs de mobilité et de flexibilité, être artiste signifie avant tout faire le choix de s’arrêter, de se tenir dans un lieu non pour une volonté de repli du monde mais au contraire pour ouvrir l’espace des possibles. Par le prisme d’approches plastiques et conceptuelles très différentes, Reda Boussella, Clémence Estève, Fanny Gicquel et Valérian Goalec font appel à l’inaction, la lenteur, le rêve, l’horizontalité aussi bien qu’à la chute et l’échec pour leur potentiel de résistance face à la soif de verticalité, réussite et succès qui domine le temps présent. Cela peut par exemple prendre la forme, dans l’installation de Valérian Goalec, d’un détournement poétique de l’architecture standardisée des lieux de remise des prix, en questionnant subtilement la pertinence de la notion de compétitivité dans le champ artistique. Dans les sculptures de Reda Boussella, des objets d’entraînement des sports de combat peuvent se transformer en des éléments burlesques et la morsure effrayante d’un chien malinois en un tendre valse. Clémence Estève déforme la silhouette des grandes sculptures de l’histoire de l’art, la scoliose étant pour elle une façon d’interroger les injonctions sociales de redressement du corps ainsi qu’un moyen de dévier tout en restant figé, de saisir un mouvement là où le corps paraît immobile. A travers la lenteur et le ralentissement, les performances de Fanny Gicquel invitent à la contemplation jusqu’à créer des images proches du tableau vivant qui questionnent nos actuels modes de relation et de communication.

Les artistes nous suggèrent que la vulnérabilité des corps et de notre environnement donne accès à la possibilité de développer de nouvelles formes de partage, de présence et de soin. Mais aussi d’inventer des nouvelles stratégies d’interaction et des nouveaux regards vis-à-vis de nos corps et leurs métamorphoses au niveau physique, intime et sociale.

Elena Cardin est une commissaire d’exposition indépendante et critique d’art, qui travaille actuellement comme directrice de la galerie Campoli Presti à Paris depuis 2021. Diplômée en philosophie à l’Université de Padoue (Italie), elle a poursuivi une formation de commissaire d’exposition à l’Université Sorbonne-Paris 4.

Elle travaille en tant que commissaire invitée pour le projet éducatif Orange Rouge qui vise à générer la rencontre entre des adolescents en situation de handicap et des artistes contemporains à travers la création d’une œuvre collective. Elle écrit régulièrement pour des magazines d’art tels que 02, artpress et le magazine Aware.

Entre 2018 et 2019, elle a été chargée du programme curatorial Hors-les-murs du Parc Saint Léger – Centre d’art contemporain (Bourgogne, France) et elle a contribué à son développement culturel. En 2017, elle a participé à l’organisation de la 57e Biennale de Venise Viva Arte Viva en tant qu’assistante du directeur artistique. Elle est lauréate des Commissions des arts visuels de la Cité internationale des arts (2020-2021) ainsi que du prix curatorial Lorenzo Bonaldi (GAMec, Bergame).

Ses projets curatoriaux récents comprennent : Comfort Dreams, Campoli Presti, Paris (2022), The Year of Magical Thinking, Campoli Presti, Paris (2021), Lauren Coullard, Palomar projects Paris (2020), Mona Varichon et Nicolas Faubert, Palomar projects Paris (2021), Laura Gozlan. Vitalium, Parc Saint Léger (2018), Espace Liquides, Parc Saint Léger (2018), Nos ombres devant nous, Fondation Pernod Ricard (2017), Deus sive Natura, GAMeC Bergame (2015), Rob Pruitt Flea Market, Venise (2015).

  

Les artistes

Né en 1994, vit et travaille à Brest

Diplômé de l’EESAB-site de Quimper en 2019, Reda Boussella fait partie, en 2021, du programme de résidence à destination des artistes émergents Les Chantiers à Passerelle Centre d’art contemporain de Brest, à la suite de laquelle il présente une exposition personnelle. Il a également présenté son travail à la Villa Rohannec, à la Galerie Raymond Hains à Saint-Brieuc (2020) et à la Galerie Pictura à Cesson Sévigné (2019).

+ Découvrez le travail de Reda Boussella sur ddab.org

Née en 1989, vit et travaille à Quimper

Diplômée de l’EESAB-site de Rennes en 2015, Clémence Estève a présenté son travail au 63e Salon de Montrouge (2018), à la Zoo Galerie à Nantes (2017), à Passerelle Centre d’art contemporain de Brest (2017) et au Frac Bretagne (2015). Elle a participé à diverses résidences, telles que Territoires en création avec La Criée centre d’art contemporain, l’école du Blosne/INRAP (2016-2017).

+ Découvrez le travail de Clémence Estève sur ddab.org

Née en 1992, vit et travaille à Rennes

Diplômée de l’EESAB-site de Rennes en 2018, Fanny Gicquel est lauréate en 2021 du prix Marfa. Par ailleurs, son travail a fait l’objet d’expositions personnelles à la galerie Hua International à Berlin (2021), à Passerelle Centre d’art contemporain de Brest (2020) et à The left right Place à Reims (2020). Elle a notamment participé aux expositions collective Art Souterrain à Montreal (2021), le 10e Prix de la Jeune Création de Saint-Rémy (2021) et Nanjing International Art Fair en Chine (2020).

+ Découvrez le travail de Fanny Gicquel sur ddab.org

Né en 1986, vit et travaille à Plougoumelen

Diplômé de l’EESAB-site de Rennes en 2010, Valérian Goalec a travaillé et exposé avec des institutions telles que Art Brussels (2022), Bozar à Bruxelles (2019), DASH à Courtrai (2019), la Ferme du Buisson à Noisiel (2018), Kunsthal Charlottenborg à Copenhague (2016), Levy Delval à Bruxelles (2014 et 2017), 221A à Vancouver (2014). Il a aussi été en résidence à Hangar à Lisbonne, à Aldea à Bergen et à CCA Andratx à Palma.

  

À propos du prix

  

Le Prix du Frac Bretagne – Art Norac

Lancé en 2020, le Prix du Frac Bretagne – Art Norac est un dispositif de soutien au développement professionnel international des artistes vivant et travaillant en Bretagne porté par le Frac Bretagne grâce au soutien d’Art Norac, association pour le mécénat du groupe Norac. L’ambition de ce Prix est d’accompagner des créateurs de la scène artistique régionale vers une expérience à l’international afin de favoriser la professionnalisation de leur parcours hors de nos frontières

Fanny Gicquel est lauréate du Prix 2022. Son travail fera l’objet d’une exposition personnelle au Temple Bar Gallery + Studios (TBG+S) à Dublin, en Irlande, du 18 mai au 2 juillet 2023.

  

VISITES SPECIFIQUES DE L’EXPOSITION

  • Vendredi 2 décembre 2022 de 17h30 à 18h30 : visite descriptive et tactile de l’exposition
    Tarif : 2€ et gratuit pour l’accompagnateur ou l’accompagnatrice
  • Samedi 14 janvier 2023 de 16h à 17h : visite amplifiée et traduite en LSF
    Tarif : 2€

CONTACT : lorie.gilot@fracbretagne.fr


Visuel haut de page :  Clémence Estève – Photo : Denis Estève / Fanny Gicquel – Photo : Malo Legrand / Valérian Goalec – Photo : Valérian Goalec / Reda Boussella – Photo : DR. | Vues de l’exposition : Aurélien Mole.

  • HISTOIRE DE JOUER… Quand la couleur se fait forme : exposition de livres d'artistes pour enfants sur le mur du fonds du Frac Bretagne du 28 novembre 2022 au 15 janvier 2023

Histoire de jouer

Exposition collective
28.11.2022 - 15.01.2023
Frac Bretagne, Rennes

HISTOIRE DE JOUER…

Quand la couleur se fait forme

Exposition de livres d’artistes pour enfants présentée sur le Mur du Fonds au Frac Bretagne, Rennes

ARTISTES : Katsumi Komagata, Bruno Munari, Patrick Raynaud, Dieter Roth, Lawrence Weiner

Dans son livre Point, ligne, plan paru en 1926, Vassily Kandinsky évoque le fait que les formes puissent être liées à des couleurs. Il établit un questionnaire dans lequel il propose aux enseignant.es et étudiant.es du Bauhaus de lier le cercle, le carré et le triangle à une des trois couleurs primaires. Le cercle fut alors associé au bleu, le carré au rouge et le triangle au jaune. Au fil du temps et au-delà de cette enquête, la couleur à la fois forme et ornement − les deux fonctions pouvant d’ailleurs coexister − joue un rôle essentiel dans le livre d’artiste pour enfants. La couleur crée des formes, attire le regard par les seuls contrastes qu’elle permet d’établir et ainsi développe l’imaginaire des petit.es mais aussi des plus grand.es.

Dès les années 1930, le livre va devenir pour Bruno Munari un support de recherche artistique. S’inspirant d’anciens livres d’anatomie, il introduit des feuilles transparentes qu’il juxtapose à des feuilles opaques, joue sur les dimensions, les matériaux, met l’accent sur l’aspect tactile de l’objet sans en oublier l’aspect ludique et l’humour. Guardimoci negli occhi (Regardons-nous dans les yeux) publié en 1970 s’amuse des multiples possibilités de voir, de regarder. 25 cartes colorées aux graphismes de visages très variés, perforées à la place des yeux et de la bouche peuvent à la fois servir de masques mais aussi être mélangées, assemblées, juxtaposées et ainsi changer la couleur des yeux, le regard « Mélangez bien les dessins, changez les couleurs, habituons-nous à regarder le monde avec les yeux des autres »[1].

Le livre pour enfant est, comme le souligne Dieter Roth « un espace de liberté, d’audace et d’impertinence où des grands jouent dans la cour des petits. La diversité des formes (façonnage, papier, format) caractérise cette production. Elle souligne la fonction narrative, en partie jouée par l’image et précise que pour l’enfant le livre est aussi un objet »[2]. Constitué de feuilles multicolores, avec des pages en carton et des rhodoïds, Kinderbuch n’était pas selon Roth destiné aux enfants « c’était quelque chose pour les constructivistes » en restant cependant « l’ami des petits ». Le livre pour enfant serait donc une source d’inspiration pour nombre d’artistes. Comme pour Patrick Raynaud qui avec son livre système 13824 jeux de couleurs, de formes et de mots propose 13824 combinaisons de lecture possible, associant des formes géométriques lithographiées en couleurs à des textes imprimés. En reprenant certains éléments de la commande publique réalisée à Villeurbanne en 1990, La Marelle ou Pie in the Sky de Lawrence Weiner repense certains éléments de l’installation urbaine, avec cette fois les contraintes propres au livre, à la lecture. Ici aussi des mots sont associés à des formes et des couleurs.

Little Eyes de Katsumi Komagata déconstruit la structure traditionnelle du livre : les mains ne tournent pas de pages mais déplient des cartes. Découpes et pliages dévoilent des formes, des couleurs et « sont utilisés non seulement pour provoquer un effet de surprise, mais pour créer un lien, une relation entre plusieurs images. Ainsi, un nuage peut se transformer en vache ou en cochon, ou plus exactement peut être à la fois un nuage, une vache et un cochon. »[3]
Graphiste de formation, Komagata imagine ces livres-objets à la naissance de sa fille pour établir une communication entre l’adulte et le bébé. Quatre séries sont publiées en trois ans pour suivre le développement et l’évolution du regard de l’enfant. « Voir, sentir, jouer » ; « Jouer et apprendre » ; « Déplier » ; « Bouger et regarder ».

[1] Extrait du feuillet d’introduction

[2] In PELACHAUD (Gaëlle) [et] SICARD (Michel). – Livres animés : du papier au numérique. – Paris : L’Harmattan, 2010

[3] In CURTIL (Sophie), « Quand les artistes créent pour les enfants : des objets livres pour imaginer », in La Revue des livres pour enfants n° 161, éditions Autrement, 2008.

→ Œuvres de la collection livres d’artistes du Frac Bretagne

Le Mur du Fonds

Dévolu à la présentation d’initiatives éditoriales, le Mur du Fonds fait la part belle à la collection de multiples et livres d’artistes du Frac Bretagne ainsi qu’aux artistes, graphistes, éditrices et éditeurs et étudiant.es qui développent une approche originale de l’édition. Très réactive, sa programmation est pensée dans l’échange et en lien avec l’actualité artistique…

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Visuel : Bruno Munari, Guardimoci negli occhi, 2015 (détail)
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