Expositions2020-03-20T13:40:07+01:00

Expositions en cours

(No)Time

Pauline Boudry & Renate Lorenz
12.02 - 19.09.2021
Frac Bretagne, Rennes

 

 

Un film par Pauline Boudry & Renate Lorenz, 2020, 19 min.
Chorégraphie/Performance : Julie Cunningham, Werner Hirsch, Joy Alpuerto Ritter, Aaliyah Thanisha
Coproduction :  Jindřich Chalupecký Society, Service des affaires culturelles du canton de Vaud, IFFR Rotterdam, Seoul Mediacity Biennale, le Frac Bretagne et le CA2M Madrid

Avec le soutien de :

(No)Time

“Les mouvements peuvent-ils se connecter simultanément à une aspiration utopique et au désespoir politique? Au moment où nous sommes de plus en plus confrontés au conservatisme de droite, il semble urgent de bouleverser les conceptions progressistes du temps et de créer une scène pour quelque chose au-delà : à quoi ressemblera un mode minoritaire de temporalité?

Quatre interprètes semblent répéter des mouvements dans une étrange temporalité : lenteur extrême, désynchronisation, changements de rythmes, immobilité et des pauses. Les interprètes utilisent et mélangent souvent délibérément une gamme de mouvements inspirés du hip-hop, du dancehall, de la danse (post-) moderne et des performances de drag. Même s’ils·elles diffèrent sensiblement dans leurs styles, ils·elles se connectent par des similitudes soudaines, des mouvements obsédants et des souvenirs corporels, produisant et déplaçant leurs points de contact.

Si la fin du film est aussi son début, la séquence des scènes offre une expérience imprévisible du temps, notamment en semant le doute sur la mesure dans laquelle la lenteur et les ruptures sont opérées par les performeurs·euses ou par des moyens numériques.” Pauline Boudry & Renate Lorenz

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LES ARTISTES

Pauline Boudry & Renate Lorenz travaillent ensemble à Berlin depuis 2007. Elles produisent des films, des installations et des sculptures fortement liés à la performance, chorégraphiant la tension entre narration et abstraction, visibilité et opacité. Leurs interprètes sont des chorégraphes, des artistes et des musicien·ne·s, avec lesquel·les elles ont de longues discussions concernant les conditions de la performance et l’histoire violente du regard, mais aussi sur la camaraderie, le glamour et la résistance.

Leurs travaux ont notamment fait l’objet d’expositions au n.b.k, Berlin (2020), au Centre culturel Suisse, Paris (2018), au Contemporary Art Museum, Houston – USA (2017). Elles ont, par ailleurs, représenté la Suisse lors de la 58e Biennale d’art contemporain de Venise (2019).

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Visuels : Pauline Boudry & Renate Lorenz, (No)Time (captures), 2020.
Crédit photographique : Aurélien Mole

Go ghost!

Francesco Finizio
12.02 - 19.09.2021
Frac Bretagne, Rennes

Go Ghost !

 

À travers une esthétique « fait-main » et une approche spontanée pleine d’humour et d’ironie, Francesco Finizio développe une pratique basée sur l’observation d’incidents et de phénomènes qui interrogent autant les notions de transaction et de valeur, que de signification de nos constructions culturelles. Ses installations sont à la fois des modèles et des événements. Ainsi la représentation d’espaces planifiés pour des activités commerciales, pour l’habitat, l’exposition, la construction, l’archivage ou encore le travail, ont un aspect programmatique qui permet de spéculer activement sur les usages, les statuts et les sentiments que ces espaces cultivent.

Pour introduire son exposition au Frac Bretagne, l’artiste prend la parole. Poétique dans la forme, proche du slam dans ses sonorités, son texte ci-dessous se veut à la fois prise de position et amorce narrative.

Une bête balancée dans un espace vide, un champ ou une cage

Se précipitera vers le coin

Un espace vide s’annonce.

Froid et sombre.

Un interrupteur niché discrètement

Permet de s’exercer

À jouer au maître du jour et de la nuit.

Extinction. Allumage. Cool white. Un blanc béant.

w O mb

r OO m

t O mb

C’est-à-dire le ventre (maternel), l’antre, et le tombeau en anglais

Partagent une voyelle

Qui fait O-ffice d’O-uverture

Qui sonne pareil mais se dédouble dans le mot “room”

Pour indiquer un va et vient peut-être,

Que l’on puisse entrer et sortir à son gré

“Every day I push the broom across the room to make some room for the next day.” (“Chaque jour je balaie la place pour faire de la place pour le jour qui suit”)

Un espace est bien plus que le jeu de ses murs, de son sol et son plafond, de ses portes et ses fenêtres

Un espace devient ce qu’il est selon ce que tu y mets, comment tu organises les choses, leurs qualités respectives.

Comme démontré si bien par Martin Kippenberger dans “The happy end of Kafka’s America”

Comme le montre mon travail “How I went In and out of Business for seven Days and Seven Nights”

Je m’intéresse aux espaces qui se construisent depuis l’intérieur plutôt que d’en haut

L’exploration spatiale commence au bout des doigts

Je m’intéresse à l’espace pluriel et mobile. Il a lieu, est et a été.

Je m’intéresse au moment où une chose devient plusieurs.

Les contours se floutent. Les formes se meuvent.

On divague précisément, porté par le battement incontrôlable d’une paupière.

La tyrannie linguistique des marchandises nous enseigne qu’une table est une table est peut-être une table à manger mais n’est certainement ni un bureau ni un établi

Une table est aussi un lit, un abri, un radeau, un bouclier, un table-au

C’était ça l’idée derrière mon expo ARKPARKCRAFTRAFTCLINICLUBPUB à MOBY, Bat Yam, Israël

Où le vaisseau qu’est le batmen même devenait tous ces espaces à la fois.

Il faut mettre les noms de côté pour expérimenter les choses à nouveau.

Le langage a besoin d’épaississants pour que les mots se gardent plus longtemps en bouche

Il faut remettre le pâteux dans la poésie.

Que c’est triste de voir une chaise réduite à un ensemble de représentations logocentriques.

Alors qu’on pourrait penser les choses par affect tel pose cul plume

“Jam Econo” comme chantaient les Minutemen.

Faire avec des marteaux à la place des mains.

Opposer le gauchisme de deux mains gauches au pouce qui s’impose par opposition

S’abrutir pour faire connaissance des choses, les aider à parler d’elles mêmes

Lo-fi semper fi : les coquillages font bien office de cellulaires

Le prototypage rapide basse-res laisse l’imagination libre de penser et peser le meilleur et le pire.

Finir est plus loin que je souhaite aller.

Pratiquer la corde raide des bouts de ficelles

Organiser, désorganiser, confondre et inconfort.

GO GHOST !!!

Les fantômes ne fabriquent point. Ils font bouger les choses.

Ils font trembler les vitres et les murs, deplacent meubles et objets, secouent la maison et tout ce qu’il y a dedans…

Ils provoquent rencontres et collisions, squattent les corps comme des voyous s’emparent d’une caisse pour une virée nocturne…ils les possèdent

Pour ainsi dire – de la ventriloquie

Mon économie est celle du comique de stand-up

Un verre d’eau et un micro, peut-être un tabouret pour quand le verre fatigue.

La condition du comique de stand-up n’est pas sans ressembler à celle de l’anachorète : on bosse son truc, spartiate et solitaire

Bunuel l’a exploré avec son Simon du Desert.

Les dépenses sont minimes, le stockage n’est pas un souci.

Une économie stand-up

Je me rappelle une prof aux beaux-arts qui nous reprochait nos boutades

Crimes abjects à ses yeux

Mais si tes boutades sont bonnes et tu arrives à en aligner plusieurs, tu auras vite ton répertoire

Et peut-être que cela te permettra de dire plus que ton auteur américain moyen dans un pavé de six cent pages. *

* Ce texte est une traduction. Retrouvez la version originale sur la page en langue anglaise de ce site.

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L’ARTISTE

Francesco Finizio (1967, Etats-Unis), vit et travaille à Plouzané.

“Le travail de Francesco Finizio s’imprègne de l’oppressante saturation matérielle qui nous entoure. L’artiste utilise des ressources quotidiennes ; des moyens simples mais sophistiqués qui lui permettent de concrétiser ses recherches sur le langage et les gestes du consumérisme et des médias de masse. Ses travaux renouvellent ainsi de manière poignante notre façon d’envisager et d’articuler notre condition économique, culturelle, sociale, politique et artistique.” Joshua Simon, neomaterialism.tumblr.com, mis en ligne le 20 février 2015, [consulté en ligne le 29 janvier 2021]. Disponible sur https://neomaterialism.tumblr.com/

Francesco Finizio est diplômé d’un Master of Fine Arts au Hunter College de New-York en 1992. Il réalise en 1997 un post-diplôme à l’École supérieure des Beaux-Arts de Marseille. De 2000 à 2005, il enseigne la sculpture et la vidéo à l’Université d’Aix-Marseille. Il est aujourd’hui enseignant à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Brest. Son travail a été notamment présenté au MOBY, Museum of Bat Yam de Tel Aviv – Israël (2015), au CAN de Neuchâtel – Suisse (2016) ou plus récemment à la Galerie RDV à Nantes (2019).

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Visuel haut : © Francesco Finizio. Visuels carrousel : Vues de l’exposition Go Ghost! Crédit photographique : Aurélien Mole.

 

Mauve Zone

Corentin Canesson, Hilary Galbreaith, Camille Girard & Paul Brunet, Samir Mougas, Alisson Schmitt, Anaïs Touchot
12.02 - 19.09.2021
Frac Bretagne, Rennes

 

Avec le soutien de :
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Mauve Zone

Exposition des finalistes du Prix du Frac Bretagne – Art Norac 2021

  

« Située aux confins de notre réalité – si l’on en croit les occultistes qui lui ont donné son nom – la « Mauve Zone » n’a ni contours, ni matière. Seuls des états de perception modifiés permettraient d’y accéder et de comprendre les relations qui se trament entre notre monde et cet espace parallèle. Région de possibles mutations du réel, elle apparaît dans de nombreux scénarios de science-fiction sous des formes allégoriques, toujours baignées de pourpre.

L’exposition « Mauve Zone » regroupe les sept artistes nommé·e·s pour le Prix du Frac Bretagne – Art Norac 2021.

Tous et toutes se connaissent de plus ou moins loin.
Certain·e·s sont né·e·s en Bretagne et/ou y ont fait leurs études, d’autres s’y sont installé·e·s récemment. Que cela soit depuis Brest, Quimper ou Rennes, chacun·e d’entre eux·elles entretient une relation spécifique à cette région sans que l’on puisse aisément déceler dans quelle mesure elle influence leurs pratiques respectives. L’exposition propose d’envisager de manière ouverte leur appartenance à une « scène bretonne » pour mieux appréhender les autres zones – sensibles, fictionnelles, géographiques – que leurs travaux investissent. S’il fallait les inscrire dans un territoire précis, celui-ci serait, à l’image de la « mauve zone », mouvant et sans frontières claires. D’autant plus que dans leurs œuvres, comme au sein de cette doublure de notre réel, les signes, artefacts et apparences sont en permanence rebattus et réagencés. Ainsi une pizzeria peut tout à fait se transformer en cabinet de psychanalyse ou une arme traditionnelle japonaise rencontrer un emoji. Et tandis que les humains sont transformés en insectes, les oiseaux, eux, prennent des postures anthropomorphes. Les symboles (archéologiques, numériques) sont transvasés ; les motifs s’agrandissent et se déforment, se cristallisent ou se dissolvent, passent d’un royaume figuratif à un règne abstrait. La zone est patchwork. Chacun·e travaille à collecter un monde en pièces détachées, à mettre en relation les sujets et matières qui se trouvent à leurs pieds. Leurs gestes n’ont rien de nouveau ; tout est question de périmètre : l’atelier, le jardin, la casse, le centre commercial, Shanghai, l’Antiquité, la Modernité, demain.
Visiblement, se respire en Bretagne un gaz hilarant qui fait bizarrement sourire leurs représentations, qu’elles soient êtres hybrides, objets ou ponctuation. La zone s’étire jusqu’à la commissure des lèvres. Elle n’a jamais été aussi mauve.»

  

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Les artistes et leurs mots :

Né en 1988, vit et travaille à Brest et Paris.

Diplômé de l’EESAB-site de Rennes en 2011. il a participé au 21e Prix de la Fondation d’entreprise Ricard Le Fil d’Alerte. Son travail a notamment fait l’objet d’expositions personnelles été présenté à la galerie Sator (2020), à la galerie Nathalie Obadia (2018), au Crédac – Centre d’art contemporain d’Ivry-sur-Seine (2017) et à Passerelle Centre d’art contemporain Passerelle de Brest (2015).

Les mots de l’artiste
Extrait d’entretien réalisé avec le service des publics du Frac Bretagne pendant la préparation de l’exposition. Nov. 2020.

“Dans la peinture en elle-même ça marche par séries, et donc finalement ce sont presque des questions de formats qui déterminent les séries. La complexité pour moi, c’est que je vais produire tout sur place, à partir de janvier. Ce choix de peindre sur place a plein de raisons différentes mais souvent la première problématique est une raison économique. Ça coûte moins cher de produire sur place que de payer du transport. Il y a aussi la question du format. S’il s’agit de grands formats, comme mon atelier est tout petit et ne me permet pas d’en peindre, c’est donc plus simple sur place. Et la troisième raison qui est peut-être la plus importante, mais qui est moins mise en avant, c’est que ça me permet de travailler avec l’équipe du centre d’art ou du lieu où j’expose et d’être complètement immergé dans l’exposition, surtout quand celle-ci est collective. C’est quelque chose qui amène beaucoup de choses, qui permet de rencontrer autant les artistes avec qui on travaille que les équipes qui travaillent sur place. En fait, pour moi l’exercice, dans ce cas-là, c’est de continuer un travail
« habituel » qui mélange un peu de l’abstraction, de la figuration et de la peinture de texte que je fais souvent, avec une porosité au contexte à l’exposition. C’est là-dessus que j’ai envie de dialoguer avec Elsa [Vettier], mais aussi avec les autres artistes, voir s’il n’y a pas des choses qui peuvent rentrer dans le travail. C’est un peu flou sur le contenu mais c’est à peu près la méthode.”

Née en 1989, vit et travaille à Rennes.

Diplômée de l’ESAAA d’Annecy en 2017, elle a présenté son travail à la Zoo Galerie à Nantes en 2018. Finaliste du Prix Sciences Po en 2019, son travail est présenté la même année aux Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse et au Confort Moderne à Poitiers.  Elle fait partie de la 69e édition Jeune Création à Paris en 2020.

Les mots de l’artiste
Extrait d’entretien réalisé avec le service des publics du Frac Bretagne pendant la préparation de l’exposition. Nov. 2020.

“Ce sera une installation vidéo assez petite puisqu’il s’agit d’une exposition collective. C’est une vidéo qui fait partie d’une série d’installations, de performances et de vidéos qui s’appelle Parade sur laquelle je travaille depuis un peu plus d’un an. Cette série, c’est le troisième volet d’un plus grand projet qui s’appelle Bug Eyes, dans lequel des personnes se sont transformées en insectes géants. Il y a plusieurs étapes dans cette histoire qui a commencé par un fanzine qui s’appelle The Bureau, et par une série de télé-réalité animée par des marionnettes avec des têtes d’insectes, et cette troisième partie qui s’appelle Parade. Dans Parade, ces personnages mutants sont maintenant animés par des humains, des acteurs, des musiciens, qui portent des costumes qui sont faits en tissu récupéré et même maintenant teints. Je fais des teintures végétales, le tout dans des démarches très DIY, très inspirées de tutoriels Do It Yourself sur internet. C’est comme une espèce de fête, de mise en scène itinérante, rien que dans le nom, mais aussi qui fait référence aux parades des pièces des ballets russes, et à cette idée de mélanger des arts populaires avec des arts plus savants, et pour avoir beaucoup de collaborations. Je travaille beaucoup en collaboration, avec des musiciens, notamment pour ces parties de Parade, pour avoir les bons sons, dans la création des instruments, qui sont différents dans chaque vidéo et pour faire les performances en live. Il y aura aussi quatre petits dessins d’une autre série qui s’appelle SausageLand, qui sont des dessins au crayon de couleur très enfantins, très minutieux avec des personnages-saucisses qui habitent dans le pays des saucisses.” 

Née 1985, né en 1980, vivent et travaillent à Quimper.

Diplômés de l’EESAB-site de Quimper en 2008. Leur travaux ont notamment fait l’objet d’expositions au Frac des Pays de la Loire à Carquefou (2018), à Mains D’Œuvres à Saint-Ouen(2017),  à la Halle Nord à Genêve (2017) et au Quartier Centre d’art contemporain de Quimper (2014).

Les mots des artistes
Extrait d’entretien réalisé avec le service des publics du Frac Bretagne pendant la préparation de l’exposition. Nov. 2020.

P.B : “On a vraiment commencé par des petites choses, parce que techniquement c’est ce qui correspond à notre pratique, à notre travail. Comme c’est laborieux, très long, on ne reproduit pas le grain de la photo, mais c’est presque ça. On cherche à se rapprocher presque de l’hyperréalisme. L’avantage de travailler sur des grands formats comme ça, c’est qu’on est obligés de faire une économie de gestes. On voit plus la construction, notre trait, ce qui nous gêne un peu, mais pas tant que ça finalement, maintenant on l’assume un peu mieux.”

CG : “C’est surtout que les grands formats se rapprochent plus d’un geste pictural que d’un geste de dessin. Là, ce sont des formats qui sont presque à notre échelle, et si à l’intérieur de ces formats on a traité très minutieusement certaines parties, par exemple pour les lavis, on avait vraiment des très grands pinceaux. On a même fait à l’éponge certaines parties, il y a beaucoup de jus en fait.”

PB : “Je pense quand même que quand on est en face des œuvres, il y a un rapport au corps fort, on est englobé ou enveloppé. Dans notre travail de dessin-peinture, il y a une espèce de focale, souvent par exemple ce sont des dessins qui ne sont pas vraiment finis. Ils ne vont pas jusqu’à l’hyperréalisme total, et quand on les regarde de loin, il y a peut-être une sorte de manque, il y a quelque chose de diaphane, d’un peu transparent, et en s’approchant il y a une autre dimension. Il y a dans le déplacement engendré par le corps, un changement. Nous-mêmes, on dessine directement sur le mur, sur le papier tendu à plat. Il n’y a pas beaucoup de place dans l’atelier, il doit y avoir deux mètres de recul, et quand on peint dans l’autre pièce, peut-être quatre. Cette focale, ce sont déjà les déplacements de nos propres corps.”

C. G : “On a commencé par dessiner les objets qui se trouvaient juste devant nous et puis après en utilisant les différentes techniques de projection d’une image, soit rétroprojecteur, table lumineuse, vidéoprojecteur. Et quand on utilise ces outils-là, ça transforme aussi l’image de départ, ça fabrique d’autres matières et ça finalement, ça nous intéresse presque autant, la modification de l’image d’origine par tous ces filtres. On va sûrement faire pour l’expo au Frac une édition d’impression sur des post-it avec lesquels les gens pourront repartir, s’ils osent les prendre. Les détails ne sont pas encore définis, mais c’est cette idée d’intervention, surtout comme on présente des œuvres assez classiquement. Faire des petits dessins, des petits objets.”

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Né en 1980, vit et travaille à Rennes.

Diplômé de l’EESAB-site de Quimper en 2005 puis d’un MFA aux Pays-Bas en 2007. Son travail a notamment été présenté lors de la 9e Biennale Internationale de Design de Saint-Etienne (2015), au Printemps de septembre à Toulouse (2018). En 2019, il intervient sur un bus de la ligne 4 dans le cadre du Voyage à Nantes. En 2020, son travail fait l’objet d’une exposition solo à la Galerie Eric Mouchet, Paris.

Les mots de l’artiste
Extrait d’entretien réalisé avec le service des publics du Frac Bretagne pendant la préparation de l’exposition. Nov. 2020.

“Il y aura deux séries. Human experience : emoji designer, des pièces en céramiques qui sont au mur et la série des Human experience : pollution rising qui sont des sculptures présentées dans l’espace. Il s’agit de deux séries qui font partie d’une même famille “Human experience” que j’ai commencée en 2017, même si à ce moment il s’agissait vraiment du début et que je ne savais pas où cela allait me mener. Pour le dire simplement, cet ensemble me permet de faire de la science-fiction en faisant de la sculpture. Les pièces trouvent toujours leur origine dans des choses déjà existantes, que ce soit des objets ou bien des idées, des faits culturels ou autres, et je les transforme. Ça me permet d’injecter des choses dans mon travail, dans mes pièces, pour faire des sculptures en utilisant ce concept qui vient de la littérature et qui est la spéculation. Je spécule sur des pièces en utilisant des objets qui existent déjà, et parfois, coller un réservoir sur une piscine, c’est de la spéculation. C’est un geste de collage qui transforme ce qui était là avant. J’essaie d’écrire ce grand récit avec des séries de sculptures les unes après les autres.”

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Née en 1992, vit et travaille à Rennes.

Diplômée de l’EESAB-site de Rennes en 2016 et d’un programme de recherche post-diplôme à Shanghai en 2017. En 2018, elle fait partie du programme de résidence à destination des artistes émergents, Les Chantiers à Passerelle Centre d’art contemporain de Brest, à la suite de laquelle elle présentera une exposition personnelle. Elle a notamment présenté son travail au Musée des Beaux-arts de Rennes (2016), au Babel Lelab Festival d’Hangzhou et au SowerArt Space de Shanghai (2018) ainsi qu’au Parc-Saint-Léger Centre d’art contemporain de Saint-Léger de Pougues-les-Eaux (2020).

Les mots de l’artiste
Extrait d’entretien réalisé avec le service des publics du Frac Bretagne pendant la préparation de l’exposition. Nov. 2020.

“J’aime raconter des histoires et j’aime produire des formes. J’essaie de me débrouiller pour faire en sorte que les deux dialoguent ensemble. Je suis un peu passion céramique et même si je n’en fais pas tant, il y a une sorte de rapport au temps, à la vie de la matière, de la terre, de relationnel avec ce matériau qui m’intéresse beaucoup. Et qui peut paraître anecdotique comme ça, car de temps en temps il y a un objet en céramique dans mes installations. Mais en réalité ça ne l’est pas du tout, car c’est un rapport relationnel avec cette matière que je mets en place dans mes propositions. C’est lié, quoi qu’il arrive. C’est un rapport au corps aussi que j’ai dans mon travail, un rapport toujours très très présent. Les textes sont des histoires vraies, ce n’est pas de la fiction. Quand je raconte que j’ai été sur l’acropole etc.., ce sont des choses qui me sont arrivées. Donc le pourquoi du comment entre ces choses, racontées dans la vidéo de Rhapsodie en trois  est raconté comme ça s’est fait dans le réel. J’ai vraiment eu ce déclic avec ces tatanes Nike pendant que Maria nous parlait de la déesse Niké, et la photo qui va avec Rhapsodie en trois – les cartes postales -, c’est une photo que j’ai prise le même jour. C’est une photo que j’ai trouvée marrante, qui singe un peu Martin Parr. Mais j’ai gardé cette photo de côté. J’avais toute cette matière qui était là. Puis je suis partie en Chine et c’est là-bas, environ six mois plus tard, que j’ai commencé à me dire “cette matière je devrais en faire quelque chose.” Je commençais à voir toutes ces architecture néo-grecques, hyper fancy, là-bas, comme c’est la Chine, c’est l’excès, c’est génial. Dans ce projet il y a une gestion de la temporalité intéressante où toutes les histoires qui sont racontées se sont passées entre un an et un an et demi à trois mois avant mon départ en Chine, et tout le travail de vidéo et de mise en forme a été fait en Chine, donc il y a vraiment deux temporalité : vivre l’expérience et la transformer.”

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Née en 1987, vit et travaille à Brest.

Diplomée de l’EESAB-site de Brest en design (2010) et en art (2011), son travail est présenté au CAN de Neuchâtel en Suisse, à Passerelle Centre d’art contemporain de Brest et au Festival de L’Estran (2016). L’année suivante, elle part en résidence à Puerto Colombia dans le cadre de l’année culturelle France-Colombie. En 2019, elle crée un Pédilove dans le Canyon du Frac Bretagne et présente une exposition personnelle à L’apparté, lieu d’art contemporain à Iffendic.

Les mots de l’artiste
Extrait d’entretien réalisé avec le service des publics du Frac Bretagne pendant la préparation de l’exposition. Nov. 2020.

” Étant donné que je fais en général des installations qui sont assez foisonnantes, avec aussi bien de la peinture que des objets, ça veut dire que si je pensais à un nouveau dispositif – dans le cadre d’un Prix où on ne doit présenter qu’une ou deux œuvres par personne – il faudrait qu’il soit assez léger. De plus, avec le contexte de la crise sanitaire, l’interaction sera considérablement réduite, alors que c’est ce qui m’intéresse dans mon travail, ce n’est pas tant les formes que je développe, qui sont assez précaires et pauvres. Ce qui compte le plus, à mon avis, c’est le fait que les sculptures soient activées, qu’on puisse être dessus et les utiliser. Et là, dans ce contexte, ce serait forcément “fake” parce que les gens ne pourront pas l’utiliser, et ce côté désincarné de l’installation me déplaît. C’est la même histoire qu’avec le Pédilove, qui est inaccessible. Ce que j’ai proposé à Elsa [Vettier], c’est de faire des maquettes de dispositifs existants ou futurs. Avec ces objets plus petits ça me permet de pouvoir montrer 2 ou 3 projets, et restituer à l’intérieur les codes foisonnants de mon travail. Cet objet, même s’il est fait a posteriori, peut très bien être une maquette, une archive ou une sculpture en soi. Et comme le Pédilove est maintenant regardé depuis le deuxième étage, c’est déjà comme si on l’observait en tant que maquette. J’aime bien l’idée de jouer avec ce rapport d’échelle et d’avoir des choses toutes petites dans la salle, contre des trucs énormes ailleurs, mais qui sont regardés de la même manière. Les maquettes seront probablement posées sur des tablettes au mur, qu’on viendrait voir comme ça, toujours avec ma petite touche assez mal-faite (quand je dis maquette ça ne veut pas dire que ce sera précieux). Dans la salle d’exposition je pense aussi mettre des choses à échelle 1, comme les panneaux en bois que je fais, qui sont des adresses à l’attention du public sur le ton du tutoiement et qui remplacent en quelque sorte ma propre présence lorsque je ne suis pas là. […] Ça me permet de “jouer le jeu” en continuant à créer des espaces. C’est ce qui me manque, vu que l’interaction directe avec le public est difficile à envisager, notamment la performance. La maquette permet de répondre à cette situation, sous la forme de scènes ou de saynètes de théâtre.”

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Elsa Vettier est commissaire d’exposition et critique d’art indépendante. Formée à l’Ecole du Louvre et à l’Université d’Essex (Royaume-Uni), elle collabore régulièrement à des revues spécialisées dont Zérodeux, artpress, Critique d’Art, etc. Elle a précédemment travaillé aux côtés de Charlotte Laubard pour Nuit Blanche 2017 et avec Etienne Bernard et Céline Kopp à l’occasion de la 6e édition des Ateliers de Rennes – biennale d’art contemporain. Ses projets personnels – curatoriaux et éditoriaux – émergent au contact des artistes et embrassent une pluralité de formats : entre exposition-performance (« Extasis Casual », avec Samuel Nicolle et Clara Pacotte, In-box Bruxelles, 2019), entretien-fiction (Saint-Pierre-des-corps, avec Jean-Charles de Quillacq, éd. Sombres Torrents, 2020) et collaborations radiophoniques (LL Drops, avec Kevin Desbouis, Julie Sas et Fabien Vallos, *DUUU radio, 2020). Elle mène également un travail d’accompagnement des artistes dans des contextes de résidences (Les Chantiers, La Malterie…) et au sein d’écoles d’art.

  

  

  

À propos du prix

  

Le Prix du Frac Bretagne – Art Norac 2021

Lancé en 2020, le Prix du Frac Bretagne – Art Norac est un dispositif de soutien au développement professionnel international des artistes vivant et travaillant en Bretagne porté par le Frac Bretagne grâce au soutien d’Art Norac, association pour le mécénat du groupe Norac. L’ambition de ce Prix est d’accompagner des créateurs de la scène artistique régionale vers une expérience à l’international afin de favoriser la professionnalisation de leur parcours hors de nos frontières. Le Visual Arts Center d’Austin aux Etats-Unis est associé au programme et accueillera en 2022 l’artiste lauréat pour produire une exposition personnelle dans ses murs. Du 12 février au 19 septembre 2021, au Frac Bretagne, Rennes, l’exposition Mauve Zone présente le travail des artistes finalistes.

  


Visuel haut de page : Corentin Canesson © Anne-Laure Buffard, Hilary Galbreaith © Sebastiano Pellion di Persano, Camille Girard & Paul Brunet © Margot Montigny, Anaïs Touchot, Alisson Schmitt © Margot Montigny, Samir Mougas. Visuels dans le carrousel : vues de l’exposition Mauve Zone, Frac Bretagne, Rennes. Crédit photo : Aurélien Mole. 

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Expositions à venir

  • Georges Dussaud, Telmado, de la série Tras os montes, août 1981, collection Frac Bretagne © Georges Dussaud

Georges Dussaud | Photographies de la collection du Frac Bretagne

Logo Une Traversée photographique en Bretagne
26.06.-29.08.2021
Donjon du château, Châteaugiron

Georges Dussaud | Photographies de la collection du Frac Bretagne

Georges Dussaud, bien que castelgironnais depuis de nombreuses années, est aussi et avant tout un citoyen du monde, qu’il parcourt à la rencontre des populations depuis le début des années 1980.
Du Portugal à la Grèce, de l’Irlande à l’Inde, ou sur le chemin des douaniers en Bretagne, ses pas le mènent à la découverte de territoires ruraux empreints de traditions ancestrales qu’il a à cœur de documenter.
Photographe humaniste, reporter de la vie ordinaire, c’est par l’usage de photographies noir et blanc, souvent au format panoramique, qu’il fonde sa détermination à englober l’humanité dans son entier. Ses reportages donnent lieu à des séries d’images sur lesquelles sont imprimées le labeur et la solidarité, communs à ceux qui, façonnés par la nature, y puisent force et dignité.
Représenté dans la collection du Frac Bretagne depuis le début des années 1980 par un ensemble de plusieurs séries, son travail a quelque chose d’universel et de sensible, prenant un sens poétique face à l’homme et sa condition.

Exposition gratuite

Une Traversée photographique en Bretagne

Visuel : Georges Dussaud, Telmado, de la série Tras os montes, août 1981, collection Frac Bretagne (détail) © Georges Dussaud

  • Elsa & Johanna, Cochrane, de la série Beyond the shadows, 2018 © Paris Adagp, 2021

Elsa & Johanna | Festival Air de fête

Logo Une Traversée photographique en Bretagne
03.07.-19.09.2021
Dans les rues du centre-bourg, Saint-Briac

Elsa & Johanna | Festival Air de fête

Dans la peau des autres, Elsa & Johanna en ont fait leur obsession. Se glissant dans le quotidien d’étrangers, elles parcourent les territoires géographiques et culturels pour faire corps avec d’autres réalités.
Formé en 2014, le duo de photographes créent des autofictions. Elles s’immiscent derrière et devant l’objectif pour mettre en scène dans la posture,
le décor et le vestiaire des situations vécues, observées et rêvées. Par une maîtrise cinématographique du temps et de l’environnement, Elsa & Johanna scénarisent des fictions habitées par des personnages qu’elles interprètent. L’appareil photographique devient ainsi le narrateur omniscient qui capture les vies de figures, disent-elles, « véritables ».
Invitées par le Frac Bretagne à « pavoiser » les rues de Saint-Briac-sur-Mer, les deux artistes investissent une cinquantaine de drapeaux de leurs scènes et paysages fictifs issus de leurs dernières séries, projetant ce petit bourg de bord de mer dans les pérégrinations de leurs regards conjugués.

Exposition gratuite
En plein air
+ Visiter le site de Saint-Briac-sur-mer

Une Traversée photographique en Bretagne

Visuel : Elsa & Johanna, Cochrane, de la série Beyond the shadows, 2018 (détail)
© Paris Adagp, 2021

  • Raymond Hains, Coca-Cola Triskel, 2003, collection Frac Bretagne © Adagp, Paris 2021. Crédit photo : Hervé Beurel

Coca-Cola triskel | Photographies de la collection du Frac Bretagne

Logo Une Traversée photographique en Bretagne
10.07.-29.08.2021
Galerie du Faouëdic, Lorient

Coca-Cola triskel | Photographies de la collection du Frac Bretagne

Coca-Cola triskel, c’est le titre facétieux d’une œuvre de Raymond Hains mais c’est aussi l’union improbable de la modernité et de la tradition. Cette disparité qui pourtant caractérise si bien la Bretagne, riche de son histoire ancestrale et ouverte sur le monde de demain.
Portant un regard politique, économique, sociologique, écologique autant que poétique et humoristique sur cette région, chacun des artistes livre un aspect singulier de la Bretagne et des évolutions qui marquent son histoire.
Le Festival Interceltique de Lorient fête en 2021 son 50e anniversaire et met la Bretagne à l’honneur de ses festivités de Jubilé. À l’invitation de la Ville de Lorient et du Festival, le Frac Bretagne a conçu une exposition photographique célébrant cette thématique du territoire, emmenée par une sélection d’artistes vivant ou ayant séjourné en Bretagne, et que cette terre contrastée a su largement inspirer.

PARMI LES ARTISTES

Isabelle Arthuis
Virginie Barré
Muriel Bordier
Daniel Challe
Raymond Hains
Malick Sidibé
Michel Thersiquel

Une Traversée photographique en Bretagne

Visuel : Raymond Hains, Coca-Cola Triskel, 2003, collection Frac Bretagne (détail) © Adagp, Paris. Crédit photo : Hervé Beurel

Neanderthal Redemption

Nathaniel Mellors
08.10.2021 - 02.01.2022
Frac Bretagne, Rennes

Neanderthal Redemption, une trilogie en quatre actes

Le Frac Bretagne réunit pour la première fois l’intégralité de la série de films autour de la figure de l’Homme de Néandertal produite par l’artiste britannique Nathaniel Mellors depuis 2012.

Le premier film intitulé The Sophisticated Neanderthal Interview (2012) met en scène une interview entre un homme «moderne» éthéré (Truson) et un homme de Néandertal apparemment réel. L’homme de Néandertal se révèle être plus intelligent que Truson. Il joue avec lui et ses aspirations au primitivisme. L’interview se déroule dans une version du mythique «Eden» à savoir les grottes historiques de Bronson à Los Angeles (lieu de tournage récurrent des westerns hollywoodiens et de la première série télévisée de Batman). Ce site se présente comme un lieu métaphorique – Eden comme une métaphore du passage d’un mode d’existence humaine durable (chasseur-cueilleur) au Paléolithique supérieur à un mode d’existence néolithique basé sur la connaissance de l’agriculture et la propriété foncière qui est le début de notre système moderne et le moment où nous entrons dans une économie de propriété qui est finalement écologiquement intenable.

Dans Neanderthal Container (2014), Nathaniel Mellors fait réapparaitre ce personnage sous la forme d’un mannequin de Néandertal en chute libre permanente. En plus de filmer la silhouette tombant et rebondissant sur des arbres, des plantes et des bâtiments dans et autour de Los Angeles, l’artiste largue la silhouette de Néandertal depuis un avion au-dessus de la vallée de San Joaquin. Mellors a conçu la figure tombante comme représentant un «extérieur absolu» et ces séquences sont rythmées par des fragments vidéo plus psychédéliques représentant l’intérieur de Néandertal – un décor de cinéma peuplé de quatre versions différentes du personnage de Néandertal qui réfléchissent sur leur condition et leur position «à l’intérieur du Mannequin de cascade de Néandertal… qui est en fait un vaisseau spatial. »

Dans Neanderthal Crucifixion (2021), dernier opus de la trilogie produit par le Frac Bretagne, notamment influencée par la pièce de Jean Cocteau La Voix Humaine, on voit le Néandertalien faire une dépression au téléphone. Peut-être que le personnage est crucifié dans la pièce, comme une sorte de crucifixion à petite échelle.

Comme une sorte d’introduction ou de prequel à cette trilogie, l’exposition au Frac Bretagne prend appui sur la série télévisée Ourhouse (2010- ) qui met en scène la vie de la famille excentrique Maddox-Wilson déstabilisée lorsque sa maison («Ourhouse») est occupée par L’Objet (Brian Catling), que la famille ne reconnaît pas comme un être humain, chacun percevant une forme différente à sa place. L’Objet commence à manger les livres de la famille et en digérer – littéralement – le contenu. Chaque épisode de la série est construit à partir des textes que l’Objet avale, semi-digère et régurgite. Dans Ourhouse Episode -1 (2015-16), présenté dans le cadre de l’exposition au Frac Bretagne, L’Objet avale The Eternal Present – un livre retraçant 35 000 ans d’art rupestre européen.

L’ARTISTE

Nathaniel Mellors (1974, Grande-Bretagne)

Nathaniel Mellors développe un art basé sur la réalisation de films, de l’écriture des scénarios aux tournages au cours desquels il s’entoure d’acteurs comme Patrick Kennedy ou David Birkin. A ces films s’ajoute un travail autour de la sculpture ou encore des photogrammes. Ses œuvres sont pleines d’humour, elles sont irrévérencieuses et absurdes parfois, poétiques souvent mais bien que décalées, elles évoquent les thèmes de la possession, de l’histoire et du pouvoir. En utilisant les techniques de la fiction cinématographique, il insère ses œuvres dans un contexte déterminé et ancre son propos dans une réalité sociale qu’il questionne et analyse. Il s’interroge sur nos goûts, notre morale, nos habitudes et autres idées ancrées dans notre mémoire collective.

Nathaniel Mellors est diplômé du Royal College of Art de Londres en 2001. Son travail a notamment été présenté au Hammer Museum de los Angeles et à la Galerie art : concept, Paris (2014) ; à la 57e Biennale de Venise avec Erkka Nissinen pour le Pavillon Finlandais (2017) ; au New Museum de New-York (2018) ; à The Box, Los Angeles et à la Matt’s Gallery de Londres (2019).


Visuel : Nathaniel Mellors, Neanderthal Container (capture vidéo), 2014

Par |19 novembre 2020|Catégories : expositions, Expositions à venir|Tags: , , , , |0 Commentaire

Ghost Party

Manon de Boer & Latifa Laâbissi
21.01 - 15.05.2022
Frac Bretagne, Rennes

 

Coproduction : WIELS Centre d’art contemporain – Bruxelles (BE) , Frac Bretagne – Rennes (FR), Kunstencentrum BUDA – Courtrai (BE), la Communauté flamande de Belgique, Museum Dhondt Dhaenens – Deurle (BE), Netwerk – Aalst (BE), Kunstendecreet (BE), Fondation Serralves – Porto (PT), Théâtre de Poche – Hédé-Bazouges (FR)

Ghost party

L’artiste Manon de Boer et la chorégraphe Latifa Laâbissi se sont rencontrées en 2015 lors d’un workshop autour du travail d’Oscar Schlemmer et de la fluidité entre les différents médiums et langages artistiques. En effet, la pluridisciplinarité est essentielle dans chacune de leur pratique. Elles ont donc décidé d’approfondir leur collaboration dans une temporalité dilatée et distendue, à travers des contextes de travail diversifiés tels que des conversations itinérantes, le souvenir de lectures partagées, le jardinage, la correspondance et le collage.

Leur dialogue s’éloigne de l’urgence d’un résultat, d’une régularité rigide ou de toute anticipation prévisible. Manon de Boer et Latifa Laâbissi ont toutes deux un cheminement et des méthodes de travail affirmés et voient dans leur collaboration une occasion de défier leurs processus, de se laisser altérer par l’autre pour élaborer différemment. C’est dans cette perspective qu’au fil du temps elles construisent un corpus d’images commun, une carte mentale qu’elles activent et explorent en se questionnant sur leur propre discipline et par le tâtonnement d’un terrain à priori inconnu.

Le projet Ghost Party propulse la voix au premier plan, questionne son timbre, son langage, ses affects, ses accents.

Le projet comporte 2 volets : l’un chorégraphique (Ghost Party I) et l’autre vidéo (Ghost Party II).

LES ARTISTES

Manon de Boer (1966, Inde), vit et travaille à Bruxelles.

Manon de Boer a complété sa formation artistique à l’Akademie Van Beeldende Kunsten, à Rotterdam, et à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten d’Amsterdam. Utilisant la narration personnelle et l’interprétation musicale à la fois comme méthode et comme sujet, Manon de Boer explore la relation entre le langage, le temps et la vérité pour produire une série de portraits dans lesquels le support cinématographique lui-même est continuellement interrogé.

Son travail a été exposé à l’international, à la Biennale de Venise (2007), à la Biennale de Berlin (2008), à la Biennale de São Paulo (2010), à la Documenta (2012), à la Biennale de Taipei (2016) et a également été présenté dans de nombreux festivals de cinéma à Hong Kong notamment, Marseille, Rotterdam et Vienne. Son travail a fait l’objet d’expositions monographiques au Witte de With à Rotterdam (2008), Frankfurter Kunstverein (2008), South London Gallery (2010), Contemporary Art Museum of St Louis (2011), Museum of Art Philadelphia (2012), Van Abbe Museum, NL (2013), Secession Vienna (2016) et Groundwork, GB (2018).

Latifa Laâbissi (1964, France), vit et travaille à Rennes.

Mêlant les genres, redéfinissant les formats, les créations de Latifa Laâbissi font entrer sur scène un hors-champ multiple où se découpent des figures et des voix. La mise en jeu de la voix et du visage comme véhicule d’états minoritaires devient indissociable de l’acte dansé dans Self portrait camouflage (2006) et Loredreamsong (2010). Poursuivant sa réflexion autour de l’archive, elle crée Écran somnambule et La part du rite (2012) autour de la danse allemande des années 1920. Pourvu qu’on ait l’ivresse (2016), création cosignée avec la scénographe Nadia Lauro, produit des visions, des paysages, des images où se côtoient l’excès, le monstrueux, le beau, l’aléatoire, le comique et l’effroi. Depuis 2011, Latifa Laâbissi assure la direction artistique d’Extension Sauvage, programme artistique et pédagogique en milieu rural (Bretagne). En 2016, une monographie sur l’ensemble de son travail est parue aux Éditions Les Laboratoires d’Aubervilliers et Les Presses du réel. En 2018, elle crée avec Antonia Baehr la performance Consul et Meshie. Elles se retrouvent également en 2019 pour collaborer sur la vidéo Moving Backwards du duo d’artistes Pauline Boudry et Renate Lorenz, présentée au Pavillon suisse de la 58e Biennale de Venise.


Visuel : Ghost Party (détail) © Manon de Boer & Latifa Laâbissi

Thomas Teurlai

21.01 - 15.05.2022
Frac Bretagne, Rennes

Thomas Teurlai

Artiste habité par une histoire ensevelie des formes, de matériaux et de pratiques rituelles, Thomas Teurlai investit des espaces aux quatre coins du monde, du white cube aux espaces industriels déclassés. Exhumant des récits, bouturant sons, sculptures et sciences humaines, l’artiste redonne vie et mouvement à des objets et des histoires délaissées. De cette rencontre entre les mondes de l’alchimie, du bricolage et du sacré émergent des installations hybrides qui sollicitent nos zones érogènes. Le visiteur se retrouve impliqué, corps et âme, dans ces espaces d’une poésie décalée, où le temps semble se dilater.

Pour son exposition au Frac Bretagne, Thomas Teurlai s’intéresse à la subsidence, phénomène géologique décrivant l’enfoncement des mégapoles dû au pompage des eaux souterraines et au bétonnage intensif. Cet affaissement global sert d’amorce à une errance filmique en vue subjective.
Rêverie cyberpunk où un musée fantôme erre les pieds dans l’eau, périclitant sous les assauts répétés de spores et autres virus antédiluviens. Une déambulation à rebours du temps, tissant entre eux des espaces à priori éloignés.
S’y croiserons les momies de street artists gisant sur les rives poussiéreuse d’une histoire mort-née.
Un astrolabe de granit radioactif composant la bande son, comme un Thérémine monolithique inversé.
Et un texte en rouet-épiléptique, filant la voie off pour sortir du tunnel.
De l’autre côté du trou de ver teinté.

L’ARTISTE

Thomas Teurlai (1988, France), vit et travaille à Clichy. 

Diplômé de la Villa Arson, Nice en 2011, il complète sa formation avec le post-diplôme de l’école d’art de Lyon en 2014. En 2015, il fait parti du 17e Prix de la Fondation Ricard. Son travail est également présenté dans le cadre de La Nuit Blanche et des Ateliers de Rennes, Biennale d’art contemporain, au Musée Cantini de Marseille (2016), au Palais de Tokyo (2017) à La Panacée, Montpellier (2018) et au centre d’art contemporain Les Tanneries d’Amilly (2019).  

 


Visuel : © Thomas Teurlai

Par |15 novembre 2020|Catégories : expositions, Expositions à venir|Tags: , , , , , |0 Commentaire
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