Expositions2022-10-14T10:39:44+02:00

Expositions en cours

  • Fredrick_Vaerslev

Le Renne

Fredrik Værslev
14.10.2022 - 15.01.2023
Frac Bretagne, Rennes

 

  • Vue de l'exposition Fredrik Vaerslev. Le Renne, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes © Fredrik Vaerslev. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Fredrik Vaerslev. Le Renne, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes © Fredrik Vaerslev. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Fredrik Vaerslev. Le Renne, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes © Fredrik Vaerslev. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Fredrik Vaerslev. Le Renne, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes © Fredrik Vaerslev. Crédit photo : Aurélien Mole

 

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Le renne

L’une des voix les plus originales et reconnues de la peinture contemporaine, l’artiste norvégien Fredrik Værslev navigue entre différentes traditions picturales. Dans sa pratique, il met l’accent sur le processus de peinture, démontrant ainsi les possibilités et la pertinence de ce médium aujourd’hui. Ses œuvres naissent de la rencontre entre l’architecture et la peinture et prennent la forme de rendus peints de motifs de la vie quotidienne de l’artiste. Il traite ses peintures comme des objets, souvent créés par des processus plus ou moins laborieux, sériels ou déterministes, dans lesquels le temps lui-même, ainsi que divers facteurs externes, deviennent des co-créateurs actifs de l’œuvre.

Dans plusieurs séries, il a laissé ses peintures à l’extérieur pendant de longues périodes, laissant le temps et l’usure extérieure les achever. D’autres œuvres utilisent des techniques, des motifs ou des citations de l’histoire de l’art apparemment clichés (par exemple, l’égouttement et l’éclaboussure). Fredrik Værslev remet également en question le processus de peinture en collaborant librement avec d’autres artistes ou en utilisant des outils de peinture non traditionnels, tels que des bombes aérosols ou des équipements utilisés pour peindre les routes et les stades. Ses peintures oscillent souvent entre l’abstraction et la représentation, comme en témoigne sa série Terrazzo, qui imite la matérialité des sols en pierre italiens tout en faisant appel à l’expressivité et à la spontanéité de l’expressionnisme abstrait. La série Canopy rappelle le modernisme et ses peintures à rayures, mais elle trouve plutôt son origine dans les auvents de la maison d’enfance de l’artiste.

Cette exposition  à Rennes, fruit d’une discussion entamée en 2015 avec Etienne Bernard, directeur du Frac Bretagne et commissaire de l’exposition, se veut une étape importante de son parcours. Réunissant une trentaine de toiles dans la Grande Galerie Sud du Frac Bretagne, elle constitue, en effet, une forme de rétrospective de toute sa production depuis près de 15 années. L’artiste y présentera une nouvelle série qui servira de « rail de re-lecture » de ses séries plus anciennes.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue publié en Français et en Anglais paru aux éditions Dilecta, Paris.

L’ARTISTE

Fredrik Værslev est né à Moss, en Norvège en 1979 et vit et travaille principalement à Oslo. Il commence sa carrière d’artiste en réalisant des graffitis pendant 10 ans, et ce n’est qu’après qu’il recevra un enseignement en art contemporain. À la suite de ses études à l’académie d’art de Malmö et à la Staatliche Hochschule für Bildende Künste de Frankfurt, il débute une série de peinture intitulée Terrazzo paintings.

Pour certain, le travail de Fredrik Værslev se place dans un espace indéfini et lui-même parle « d’appositions de signes du monde ». Il est considéré comme l‘un des artistes les plus originaux de l’art contemporain1.

1.Fredrik Vaerslev, All Around Amateur, 2016

VISITES SPECIFIQUES DE L’EXPOSITION

  • Vendredi 2 décembre 2022 de 17h30 à 18h30 : visite descriptive et tactile de l’exposition
    Tarif : 2€ et gratuit pour l’accompagnateur ou l’accompagnatrice
  • Samedi 14 janvier 2023 de 16h à 17h : visite amplifiée et traduite en LSF
    Tarif : 2€

CONTACT : lorie.gilot@fracbretagne.fr

LE CATALOGUE DE L’EXPOSITION EST DISPONIBLE À LA VENTE !

Cover Fredrik Værslev : le Renne, éd. Dilecta, Frac Bretagne, 2022

Fredrik Værslev
Le Renne

Textes : Etienne Bernard, Fiona He, Dieter Roelstraete
Entretien : Allison Katz, Fredrik Værslev
Édition : Dilecta | 2022
Français/Anglais | 21 x 28 cm | 112 pages
ISBN 978-2-37372-160-7
Avec la participation du Frac Bretagne

28 €

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Visuel haut : Fredrik Værslev, White Terrazzo, 2022 (détail) © Fredrik Værslev. Photo : Courtesy de l’artiste. | Vues de l’exposition : Aurélien Mole.

Par |17 septembre 2022|Catégories : expositions, expositions en cours|Tags: , , , |0 Commentaire
  • Les Finalistes du Prix du Frac Bretagne - Art Norac 2022 : Reda Boussella © Droits réservés / Clémence Estève © Denis Estève / Fanny Gicquel © Malo Legrand / © Valérian Goalec

Les lézards

Exposition collective
14.10.2022 - 15.01.2023
Frac Bretagne, Rennes

 

  • Vue de l'exposition Les lézards, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes. Clémence Estève, Sans au-delà. Sans en-deçà là. Sans de-ci de-là là. Sans en-deçà. Sans de-ci de-là là, 2022 © Clémence Estève. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Les lézards, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes. Reda Boussella, Let Usyck play ; Bim et Bam ; Raja/Wydad, 2022 © Reda Boussella. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Les lézards, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes. Fanny Giccquel, laloreleï, 2022 © Fanny Gicquel. Crédit photo : Aurélien Mole
  • Vue de l'exposition Les lézards, du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023, Frac Bretagne, Rennes. Valérian Goalec, Everyone is confortable but free, 2022 © Valérian Goalec. Crédit photo : Aurélien Mole

 

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Les lézards

Exposition des finalistes du Prix du Frac Bretagne – Art Norac 2022

Sans suivre un axe thématique, l’exposition qui regroupe les 4 artistes nommé.es au Prix du Frac Bretagne-Art Norac tente de mettre en exergue des postures, des tempéraments et des perspectives sur le monde qui mobilisent des régimes d’attention particuliers.
A l’image des lézards qui surgissent soudainement pour disparaître aussitôt, les artistes ici réuni.es s’intéressent à des états transitoires, à des moments de passage d’une perspective à une autre, au corps dans son impermanence et sa fragilité. Certaines œuvres ont une vie éphémère puisqu’elles se développent en relation au lieu d’exposition pour ensuite disparaître ou persister sous une autre forme dans un autre lieu.

Aux lézards, on doit l’origine des expressions “lézarder” et “faire le lézard” qui évoquent des états de stase et de manque de mouvement, souvent connotés négativement comme des moments d’improductivité. Mais l’immobilité du lézard ne se réduit jamais à l’immobilisme ni au simple repos car, immobile sous le soleil, le lézard est toujours en alerte. Pour le philosophe Jérôme Lèbre, auteur de « L’Eloge de l’immobilité », l’immobilité correspond à la décision d’occuper un lieu et de tenir une position. A l’ère de l’accélération, des impératifs de mobilité et de flexibilité, être artiste signifie avant tout faire le choix de s’arrêter, de se tenir dans un lieu non pour une volonté de repli du monde mais au contraire pour ouvrir l’espace des possibles. Par le prisme d’approches plastiques et conceptuelles très différentes, Reda Boussella, Clémence Estève, Fanny Gicquel et Valérian Goalec font appel à l’inaction, la lenteur, le rêve, l’horizontalité aussi bien qu’à la chute et l’échec pour leur potentiel de résistance face à la soif de verticalité, réussite et succès qui domine le temps présent. Cela peut par exemple prendre la forme, dans l’installation de Valérian Goalec, d’un détournement poétique de l’architecture standardisée des lieux de remise des prix, en questionnant subtilement la pertinence de la notion de compétitivité dans le champ artistique. Dans les sculptures de Reda Boussella, des objets d’entraînement des sports de combat peuvent se transformer en des éléments burlesques et la morsure effrayante d’un chien malinois en un tendre valse. Clémence Estève déforme la silhouette des grandes sculptures de l’histoire de l’art, la scoliose étant pour elle une façon d’interroger les injonctions sociales de redressement du corps ainsi qu’un moyen de dévier tout en restant figé, de saisir un mouvement là où le corps paraît immobile. A travers la lenteur et le ralentissement, les performances de Fanny Gicquel invitent à la contemplation jusqu’à créer des images proches du tableau vivant qui questionnent nos actuels modes de relation et de communication.

Les artistes nous suggèrent que la vulnérabilité des corps et de notre environnement donne accès à la possibilité de développer de nouvelles formes de partage, de présence et de soin. Mais aussi d’inventer des nouvelles stratégies d’interaction et des nouveaux regards vis-à-vis de nos corps et leurs métamorphoses au niveau physique, intime et sociale.

Elena Cardin est une commissaire d’exposition indépendante et critique d’art, qui travaille actuellement comme directrice de la galerie Campoli Presti à Paris depuis 2021. Diplômée en philosophie à l’Université de Padoue (Italie), elle a poursuivi une formation de commissaire d’exposition à l’Université Sorbonne-Paris 4.

Elle travaille en tant que commissaire invitée pour le projet éducatif Orange Rouge qui vise à générer la rencontre entre des adolescents en situation de handicap et des artistes contemporains à travers la création d’une œuvre collective. Elle écrit régulièrement pour des magazines d’art tels que 02, artpress et le magazine Aware.

Entre 2018 et 2019, elle a été chargée du programme curatorial Hors-les-murs du Parc Saint Léger – Centre d’art contemporain (Bourgogne, France) et elle a contribué à son développement culturel. En 2017, elle a participé à l’organisation de la 57e Biennale de Venise Viva Arte Viva en tant qu’assistante du directeur artistique. Elle est lauréate des Commissions des arts visuels de la Cité internationale des arts (2020-2021) ainsi que du prix curatorial Lorenzo Bonaldi (GAMec, Bergame).

Ses projets curatoriaux récents comprennent : Comfort Dreams, Campoli Presti, Paris (2022), The Year of Magical Thinking, Campoli Presti, Paris (2021), Lauren Coullard, Palomar projects Paris (2020), Mona Varichon et Nicolas Faubert, Palomar projects Paris (2021), Laura Gozlan. Vitalium, Parc Saint Léger (2018), Espace Liquides, Parc Saint Léger (2018), Nos ombres devant nous, Fondation Pernod Ricard (2017), Deus sive Natura, GAMeC Bergame (2015), Rob Pruitt Flea Market, Venise (2015).

  

Les artistes

Né en 1994, vit et travaille à Brest

Diplômé de l’EESAB-site de Quimper en 2019, Reda Boussella fait partie, en 2021, du programme de résidence à destination des artistes émergents Les Chantiers à Passerelle Centre d’art contemporain de Brest, à la suite de laquelle il présente une exposition personnelle. Il a également présenté son travail à la Villa Rohannec, à la Galerie Raymond Hains à Saint-Brieuc (2020) et à la Galerie Pictura à Cesson Sévigné (2019).

+ Découvrez le travail de Reda Boussella sur ddab.org

Née en 1989, vit et travaille à Quimper

Diplômée de l’EESAB-site de Rennes en 2015, Clémence Estève a présenté son travail au 63e Salon de Montrouge (2018), à la Zoo Galerie à Nantes (2017), à Passerelle Centre d’art contemporain de Brest (2017) et au Frac Bretagne (2015). Elle a participé à diverses résidences, telles que Territoires en création avec La Criée centre d’art contemporain, l’école du Blosne/INRAP (2016-2017).

+ Découvrez le travail de Clémence Estève sur ddab.org

Née en 1992, vit et travaille à Rennes

Diplômée de l’EESAB-site de Rennes en 2018, Fanny Gicquel est lauréate en 2021 du prix Marfa. Par ailleurs, son travail a fait l’objet d’expositions personnelles à la galerie Hua International à Berlin (2021), à Passerelle Centre d’art contemporain de Brest (2020) et à The left right Place à Reims (2020). Elle a notamment participé aux expositions collective Art Souterrain à Montreal (2021), le 10e Prix de la Jeune Création de Saint-Rémy (2021) et Nanjing International Art Fair en Chine (2020).

+ Découvrez le travail de Fanny Gicquel sur ddab.org

Né en 1986, vit et travaille à Plougoumelen

Diplômé de l’EESAB-site de Rennes en 2010, Valérian Goalec a travaillé et exposé avec des institutions telles que Art Brussels (2022), Bozar à Bruxelles (2019), DASH à Courtrai (2019), la Ferme du Buisson à Noisiel (2018), Kunsthal Charlottenborg à Copenhague (2016), Levy Delval à Bruxelles (2014 et 2017), 221A à Vancouver (2014). Il a aussi été en résidence à Hangar à Lisbonne, à Aldea à Bergen et à CCA Andratx à Palma.

  

À propos du prix

  

Le Prix du Frac Bretagne – Art Norac

Lancé en 2020, le Prix du Frac Bretagne – Art Norac est un dispositif de soutien au développement professionnel international des artistes vivant et travaillant en Bretagne porté par le Frac Bretagne grâce au soutien d’Art Norac, association pour le mécénat du groupe Norac. L’ambition de ce Prix est d’accompagner des créateurs de la scène artistique régionale vers une expérience à l’international afin de favoriser la professionnalisation de leur parcours hors de nos frontières

Fanny Gicquel est lauréate du Prix 2022. Son travail fera l’objet d’une exposition personnelle au Temple Bar Gallery + Studios (TBG+S) à Dublin, en Irlande, du 18 mai au 2 juillet 2023.

  

VISITES SPECIFIQUES DE L’EXPOSITION

  • Vendredi 2 décembre 2022 de 17h30 à 18h30 : visite descriptive et tactile de l’exposition
    Tarif : 2€ et gratuit pour l’accompagnateur ou l’accompagnatrice
  • Samedi 14 janvier 2023 de 16h à 17h : visite amplifiée et traduite en LSF
    Tarif : 2€

CONTACT : lorie.gilot@fracbretagne.fr


Visuel haut de page :  Clémence Estève – Photo : Denis Estève / Fanny Gicquel – Photo : Malo Legrand / Valérian Goalec – Photo : Valérian Goalec / Reda Boussella – Photo : DR. | Vues de l’exposition : Aurélien Mole.

  • HISTOIRE DE JOUER… Quand la couleur se fait forme : exposition de livres d'artistes pour enfants sur le mur du fonds du Frac Bretagne du 28 novembre 2022 au 15 janvier 2023

Histoire de jouer

Exposition collective
28.11.2022 - 15.01.2023
Frac Bretagne, Rennes

HISTOIRE DE JOUER…

Quand la couleur se fait forme

Exposition de livres d’artistes pour enfants présentée sur le Mur du Fonds au Frac Bretagne, Rennes

ARTISTES : Katsumi Komagata, Bruno Munari, Patrick Raynaud, Dieter Roth, Lawrence Weiner

Dans son livre Point, ligne, plan paru en 1926, Vassily Kandinsky évoque le fait que les formes puissent être liées à des couleurs. Il établit un questionnaire dans lequel il propose aux enseignant.es et étudiant.es du Bauhaus de lier le cercle, le carré et le triangle à une des trois couleurs primaires. Le cercle fut alors associé au bleu, le carré au rouge et le triangle au jaune. Au fil du temps et au-delà de cette enquête, la couleur à la fois forme et ornement − les deux fonctions pouvant d’ailleurs coexister − joue un rôle essentiel dans le livre d’artiste pour enfants. La couleur crée des formes, attire le regard par les seuls contrastes qu’elle permet d’établir et ainsi développe l’imaginaire des petit.es mais aussi des plus grand.es.

Dès les années 1930, le livre va devenir pour Bruno Munari un support de recherche artistique. S’inspirant d’anciens livres d’anatomie, il introduit des feuilles transparentes qu’il juxtapose à des feuilles opaques, joue sur les dimensions, les matériaux, met l’accent sur l’aspect tactile de l’objet sans en oublier l’aspect ludique et l’humour. Guardimoci negli occhi (Regardons-nous dans les yeux) publié en 1970 s’amuse des multiples possibilités de voir, de regarder. 25 cartes colorées aux graphismes de visages très variés, perforées à la place des yeux et de la bouche peuvent à la fois servir de masques mais aussi être mélangées, assemblées, juxtaposées et ainsi changer la couleur des yeux, le regard « Mélangez bien les dessins, changez les couleurs, habituons-nous à regarder le monde avec les yeux des autres »[1].

Le livre pour enfant est, comme le souligne Dieter Roth « un espace de liberté, d’audace et d’impertinence où des grands jouent dans la cour des petits. La diversité des formes (façonnage, papier, format) caractérise cette production. Elle souligne la fonction narrative, en partie jouée par l’image et précise que pour l’enfant le livre est aussi un objet »[2]. Constitué de feuilles multicolores, avec des pages en carton et des rhodoïds, Kinderbuch n’était pas selon Roth destiné aux enfants « c’était quelque chose pour les constructivistes » en restant cependant « l’ami des petits ». Le livre pour enfant serait donc une source d’inspiration pour nombre d’artistes. Comme pour Patrick Raynaud qui avec son livre système 13824 jeux de couleurs, de formes et de mots propose 13824 combinaisons de lecture possible, associant des formes géométriques lithographiées en couleurs à des textes imprimés. En reprenant certains éléments de la commande publique réalisée à Villeurbanne en 1990, La Marelle ou Pie in the Sky de Lawrence Weiner repense certains éléments de l’installation urbaine, avec cette fois les contraintes propres au livre, à la lecture. Ici aussi des mots sont associés à des formes et des couleurs.

Little Eyes de Katsumi Komagata déconstruit la structure traditionnelle du livre : les mains ne tournent pas de pages mais déplient des cartes. Découpes et pliages dévoilent des formes, des couleurs et « sont utilisés non seulement pour provoquer un effet de surprise, mais pour créer un lien, une relation entre plusieurs images. Ainsi, un nuage peut se transformer en vache ou en cochon, ou plus exactement peut être à la fois un nuage, une vache et un cochon. »[3]
Graphiste de formation, Komagata imagine ces livres-objets à la naissance de sa fille pour établir une communication entre l’adulte et le bébé. Quatre séries sont publiées en trois ans pour suivre le développement et l’évolution du regard de l’enfant. « Voir, sentir, jouer » ; « Jouer et apprendre » ; « Déplier » ; « Bouger et regarder ».

[1] Extrait du feuillet d’introduction

[2] In PELACHAUD (Gaëlle) [et] SICARD (Michel). – Livres animés : du papier au numérique. – Paris : L’Harmattan, 2010

[3] In CURTIL (Sophie), « Quand les artistes créent pour les enfants : des objets livres pour imaginer », in La Revue des livres pour enfants n° 161, éditions Autrement, 2008.

→ Œuvres de la collection livres d’artistes du Frac Bretagne

Le Mur du Fonds

Dévolu à la présentation d’initiatives éditoriales, le Mur du Fonds fait la part belle à la collection de multiples et livres d’artistes du Frac Bretagne ainsi qu’aux artistes, graphistes, éditrices et éditeurs et étudiant.es qui développent une approche originale de l’édition. Très réactive, sa programmation est pensée dans l’échange et en lien avec l’actualité artistique…

Venir au Frac Bretagne, Rennes


Visuel : Bruno Munari, Guardimoci negli occhi, 2015 (détail)
Par |17 février 2022|Catégories : expositions en cours|Tags: , , , |0 Commentaire
  • Isabelle cornaro, Eyesore, 2019 (capture), collection Frac Bretagne © Isabelle Cornaro / ADAGP, Paris 2022

Eyesore

Isabelle Cornaro
14.10.2022 - 15.01.2023
Frac Bretagne, Rennes

Eyesore

Film d’animation, couleur, silencieux, 16/9

Isabelle Cornaro (1974, France) travaille aussi bien le dessin, la photographie, la vidéo que l’installation. Ses œuvres font souvent référence à des films d’animation, à des aménagements paysagers emblématiques et à des vues d’exposition, provenant d’archives historiques et culturelles. Sa pratique emploie de manière contre-intuitive une approche conceptuelle pour étudier la manière dont les objets et les œuvres d’art sont générés, animés et fétichisés. Elle manipule des objets familiers spécifiquement choisis pour leur valeur sentimentale ou symbolique et amorce une lecture sémiotique de ces objets par opposition à un sentiment affecté de reconnaissance.

Dans le film d’animation Eyesore (2019) entré dans la collection du Frac Bretagne en 2022, le travail de l’artiste sur la plastique des formes se concentre sur des lieux sociaux types, urbains, intimes ou privés, traversés par des phénomènes violents, énigmatiques. De courtes séquences, comme autant d’extraits d’intrigues en suspens, décrivent des changements d’état brusques, de l’animé à l’inanimé – notamment des personnages se métamorphosant en objets. Certaines scènes évoquent l’actualité, d’autres les atmosphères crépusculaires d’un récit de science-fiction, entre synesthésie et mélancolie. Isabelle Cornaro y développe des métaphores de la consommation débridée autant humoristiques qu’horribles, qui montrent des corps humains évoluant en marchandises inutiles et en monuments dénués de sens, aboutissant finalement à un monde en ruine.

Film numérique
Durée: 2’30 »
Animation et dessin : Victorin Ripert
Achat à la Galerie Balice Hertling en 2022
Produit avec le soutien de la Fondation des artistes

Exposition au Frac Bretagne, Rennes, dans un nouvel espace : Le Cabinet

Visuel : Isabelle Cornaro, Eyesore, 2019 (capture – detail), collection Frac Bretagne © Isabelle Cornaro / ADAGP, Paris 2022

Par |24 septembre 2022|Catégories : expositions, expositions en cours|Tags: , , , |0 Commentaire
  • Goldschmied & Chiari, Nympheas #14 (détail), 2007 Collection Frac Bretagne © Goldschmied & Chiari Crédit photographique : Goldschmied & Chiari

Quelle nature !

Exposition collective
29.09 - 04.12.2022
Galerie d'art Albert Bourgeois, Fougères

Quelle nature !

Œuvres de la collection du Frac Bretagne et du Fonds départemental d’art contemporain d’Ille-et-Vilaine

Beauté fragile qui concentre toutes les attentions à l’échelle mondiale, la Nature est encore et toujours un sujet de prédilection pour les artistes contemporain.es. Pour éveiller les consciences, souligner les paradoxes de l’activité humaine, alerter sur les enjeux environnementaux, rendre hommage au vivant, les artistes de cette sélection, confirmé.es ou émergent.es, posent, avec force et discernement, un regard sensible sur l’immensité et l’authenticité de la nature.

Invitation à reconsidérer le monde dans sa globalité, le propos de cette exposition collective tente d’examiner cet écheveau de relations qui lient intrinsèquement l’humanité à son environnement.

LES ARTISTES

Pierre-Olivier Arnaud
Isabelle Arthuis
Rémi Duprat
Éric Tabuchi et Nelly Monnier
Nikolas Fouré
Hamish Fulton
Goldschmied & Chiari
Étienne Hajdu
Tony Matelli
Benoît-Marie Moriceau
Pascal Rivet
Anna Solal

  

Exposition gratuite
Du mercredi au dimanche de 14 à 18h
Galerie d’art Albert Bourgeois
Les Urbanistes, 25 rue de la Caserne 35300 Fougères
CONTACTS
tél: 02 23 51 35 37
mail : galerie@fougeres-agglo.bzh
Un partenariat du Frac Bretagne avec Fougères Agglomération

  

  


Visuel haut de page : Goldschmied & Chiari, Nympheas #14 (détail), 2007 Collection Frac Bretagne © Goldschmied & Chiari
Crédit photographique : Goldschmied & Chiari

En permanence

  • Peter Friedl Untitled (Corrupting the Absolute) (Sans titre (Corrompre l'absolu)), 2000 FNAC 02-773 Centre national des arts plastiques © Peter Friedl Crédit photo : Galerie Erna Hécey (Luxembourg)

Untitled (Corrupting the Absolute)

Peter Friedl
Frac Bretagne, Rennes

Peter Friedl Untitled (Corrupting the Absolute)

D’origine autrichienne et installé à Berlin, Peter Friedl (1960- ) est un artiste majeur de la scène artistique internationale.
Ayant commencé au début des années 80 comme critique de théâtre avant de se consacrer aux arts plastiques, il conserve un attachement fort à cette discipline. En témoignent ses expositions construites comme de véritables décors, avec ou sans changement de plateaux selon l’envergure du contexte.
En quête de nouveaux modèles de narration, ses projets explorent la construction de l’histoire et des concepts dans une organisation contextuelle toujours spécifique, mais cependant alimentée par de grands sujets récurrents comme l’enfance, l’Histoire, la politique, la sociologie, les animaux. Avec humour et ironie, l’artiste pointe les impasses de la modernité, entre utopies d’hier et compromis d’aujourd’hui.
Les références foisonnantes contenues dans ses œuvres et les moyens divers dont l’artiste fait usage pour les exprimer (dessin, vidéo, photographie, installation, etc.) constituent un corpus dense, mêlant la suggestion d’une histoire personnelle à celle d’une histoire collective. Ainsi, son travail s’appréhende-t-il difficilement de façon instantanée, mais s’envisage de manière dynamique. L’artiste explique chercher l’ambigu, la confusion et en aucun cas la clarté d’une lecture immédiate. Il revendique d’ailleurs en 1998 que « le malentendu fait partie de la compréhension ».

Untitled (Corrupting the Absolute) est une œuvre composée de lettres manuscrites en néon rouge.
Elle retranscrit une référence, consignée par l’artiste dans un des nombreux carnets de notes qui l’accompagnent dans son quotidien d’observateur attentif, empruntée à l’essayiste et critique rock américain Greil Marcus1. Figure de la culture underground, Greil Marcus* aime à souligner les oppositions et les forces contraires qui bâtissent le génie d’un artiste, tout comme Peter Friedl revendique les analogies autant que les écarts et les ruptures qui provoquent le vertige.
« Corrompre l’absolu » s’impose comme une injonction abstraite pour rappeler, s’il en est, que l’art n’apporte pas de réponses, il nous pousse à nous interroger avant tout.
Présentée dans le hall d’accueil, cette pièce sonne ainsi comme une introduction à la philosophie défendue par le Frac Bretagne.

*Corrupting the Absolute est le titre d’un chapitre de l’ouvrage non-traduit In the Fascist Bathroom: Punk in Pop Music, 1977-1992 écrit par Greil Marcus en 1993.


Visuel : Peter Friedl Untitled (Corrupting the Absolute), 2000 FNAC 02-773 Centre national des arts plastiques © Peter Friedl – Crédit photo : Galerie Erna Hécey (Luxembourg)

Par |22 octobre 2021|Catégories : collection, Installation permanente|0 Commentaire
  • En coulisses, Frac Bretagne

En coulisses

Collection
Frac Bretagne, Rennes

En coulisses

Oui ! Il y a des coulisses au Frac, l’accrochage est surprenant, n’est-ce pas ?

Ces hauteurs, les échos visuels entre les tableaux, les photographies sont en effet étonnants. Peut-être le savez-vous déjà, mais cette collection est la vôtre, enfin, elle est un bien commun qu’une équipe de professionnel.le.s se charge de soigner et de diffuser afin que dans des décennies, on puisse encore la comprendre et l’apprécier.
La collection du Frac Bretagne rassemble des œuvres d’artistes de différentes générations, et de nombreuses scènes locales, régionales et internationales. L’abstraction forme l’un des socles historiques de la collection qui se déploie également autour d’axes thématiques : les œuvres en relation avec la nature, celles qui questionnent le statut de l’image contemporaine, celles qui témoignent de leur époque, ainsi que de grands ensembles monographiques.
Dans cette réserve, les œuvres reprennent leur souffle avant de repartir dans des expositions et des projets participatifs, les Frac sont en effet les collections publiques les plus diffusées de France. Ce principe de mobilité définit ces institutions comme d’indispensables acteurs d’une politique d’aménagement du territoire visant à réduire les disparités géographiques et sociales dans l’accès à la culture et ainsi à faciliter la découverte de l’art contemporain par les publics les plus diversifiés.
Pour vous, le Frac a préparé des voix à écouter, celles d’une hôtesse de bord improbable, fine connaisseuse des problématiques de conservation, de témoins racontant leurs souvenirs des œuvres que vous pouvez apercevoir, de régisseurs connaissant la collection mieux que personne, d’œuvres qui se parlent entre-elles… et enfin, celles du public avec lequel le Frac monte de nombreux projets dans toute la région et qui les ont accueillies dans leur structure, établissement, entreprise.


Visuel : En coulisses, Frac Bretagne, Rennes (détail), 2021. Crédit photo : Aurélien Mole.

Par |12 janvier 2020|Catégories : collection, Installation permanente|0 Commentaire
  • Laurent Duthion, Xylocus (version portable), 2005 (détail). Jardin de la Drac Bretagne, Rennes. Crédit photo : Frac Bretagne.

Xylocus (version portable)

Laurent Duthion
Jardin de la Drac Bretagne, Rennes

Xylocus (version portable), 2005

Poète expérimentateur, chercheur, sculpteur, sorte de Géo Trouvetout, Laurent Duthion relève de toutes ces catégories. Ses propositions croisent les champs de l’art et de la science : masque olfactif, recettes à base de molécules, caméra musculaire montée sur un vélo ou encore culture de tomates carrées.

En 2004 dans le cadre d’une commande de la ville de Rennes, il plante dans le Jardin du Séchoir, le long du canal Saint-Martin, deux tilleuls rares dont certaines branches sont sculptées en forme d’objets du quotidien.

Usant du même procédé, Laurent Duthion conçoit ensuite le Xylocus (version portable), olivier en pot, partiellement sculpté lui aussi. Pinceaux, crayons, brosses, pinces à linge émergent du feuillage tel d’improbables fruits.

Cette œuvre aborde les questions contemporaines liées à la génétique et à l’écologie tout en puisant dans la grande tradition du merveilleux associée à l’arbre dans l’imaginaire collectif.

Œuvre de la collection du Frac Bretagne

Jardin de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) de Bretagne
6 Rue du Chapitre, 35000 Rennes

  


Visuel : Laurent Duthion, Xylocus (version portable), 2005 (détail). Jardin de la Drac Bretagne, Rennes. Crédit photo : Frac Bretagne.

  • Sophie Calle, Ici reposent des secrets, 2014

Ici reposent des secrets

Sophie Calle
Cimetière de la chapelle de Burthulet, Saint-Servais

Ici reposent des secrets, 2014

Artiste plasticienne, écrivaine et réalisatrice française, Sophie Calle nous entraîne d’œuvre en œuvre dans une spirale consignée dans l’espace et le temps, où l’individu s’inscrit dans un lieu et à un moment donné. Promenades, filatures, enquêtes, voyages sont autant de formes que prennent ses différentes propositions.

À l’initiative de l’association « Dialogues avec la Nature » l’artiste Sophie Calle a participé, le 14 juin 2014, au Festival Lieux Mouvants dans l’enclos de la chapelle de Burthulet en Saint-Servais. Dans le petit cimetière accolé à l’édifice, Sophie Calle a recueilli les secrets que lui ont confiés, individuellement et de façon anonyme, les gens du pays. Les confidences ont été  enregistrées mais ceux qui le préféraient ont pu remettre à l’artiste une enveloppe cachetée. Les secrets, ainsi recueillis par écrit ou sur support numérique, ont été, le soir même, enfermés dans une boite et enterrés dans l’enclos de la chapelle. Une pierre tombale ferme et scelle désormais ce tombeau aux secrets.

Œuvre de la collection du Frac Bretagne

  


Visuel haut de page : Sophie Calle, Ici reposent des secrets, 2014 © ADAGP, Paris

Saint-Carré

Robert Milin
Saint-Carré, Lanvellec

Saint-Carré, 1991

En 1991, Robert Milin est invité à participer à Escales, une manifestation dont le commissaire est Jérôme Sans, et qui se propose d’investir divers lieux des Côtes-d’Armor dans un rapport étroit au paysage. L’artiste s’intéresse alors à une petite commune rurale, Saint-Carré, à ses habitants avec lesquels il se lie. Partageant avec eux la vie locale, à la croisée d’activités ancestrales – travaux des champs et soins aux animaux – et de la vie moderne, il a bientôt accès aux
photographies personnelles de plusieurs familles. Dans ces boîtes reposent autant de témoins muets des évènements collectifs religieux ou laïcs qui ont marqué le village, que de moments intimes qui ne prennent importance que dans l’histoire de chacun. Il choisit de mettre au jour 13 de ces photos en les agrandissant, les transférant soit sur plaques émaillées soit sur porcelaine, et les dispose, avec la complicité active des habitants en différents points de Saint-Carré : terrain de jeu, pignon de grange, poulailler, etc. Ce faisant, il réalise une œuvre d’art public qui renverse les canons habituels notamment dans le rapport privé/public : le privé est devenu public et le village entier un lieu d’exposition à ciel ouvert.
En 1994, le Frac Bretagne se porte acquéreur de Saint-Carré, une œuvre qui résonne particulièrement avec l’une de ses missions essentielles, rapprocher le citoyen des enjeux de l’art d’aujourd’hui. Comme toute œuvre dans l’espace public, Saint-Carré a subi les assauts du temps et les aléas météorologiques. Portée par la volonté commune des habitants, du Frac Bretagne et de l’artiste, une restauration a été entreprise aux bons soins de celui-ci en 2018. Outre la rénovation de certaines pièces, cette démarche a conduit à réorganiser l’accrochage, pour tenir compte des changements de propriété, de l’évolution du bâti et de la voirie.

Œuvre de la collection du Frac Bretagne

  


Visuel haut de page : Robert Milin, Chan’nic, Saint-Carré, 1991 © Robert Milin – Crédit photo : Frac Bretagne

Le parc de sculptures de Kerguéhennec

Domaine de Kerguéhennec, Bignan

Les sculptures du Domaine de Kerguéhennec

L’histoire du Frac Bretagne est intimement liée à celle du parc de sculptures du domaine de Kerguéhennec, dans le Morbihan, qui constitua dans les années 1980 un magnifique terrain de jeu pour des artistes aussi prestigieux que Richard Long, Giuseppe Penone ou Jean Pierre Raynaud.
Leurs expérimentations dans ce parc morbihannais vont participer à construire l’identité du Frac et de sa collection notamment orientée vers les questions paysagères.

Œuvres de la collection du Frac Bretagne

  

Entrée libre et gratuite
Ouverture du parc tous les jours (sauf en cas d’alerte météo)

+ Préparer sa visite


Visuel haut de page : Richard Long, Un cercle en Bretagne (A Circle in Brittany), 1986. Parc du domaine de Kerguéhennec, Bignan © ADAGP, Paris. Crédit photo : Florian Kleinefenn.

Par |20 avril 2021|Catégories : collection, Installation permanente|Tags: , , , |1 Commentaire

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